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Cynthia Fleury, "Ci-gît l’amer. Guérir du ressentiment"

mardi 9 mars 2021, par René Merle

Cynthia Fleury, Ci-gît l’amer. Guérir du ressentiment, Collection Blanche, Gallimard. Publication : 01-10-2020
Présentation de l’éditeur :
" La philosophie politique et la psychanalyse ont en partage un problème essentiel à la vie des hommes et des sociétés, ce mécontentement sourd qui gangrène leur existence. Certes, l’objet de l’analyse reste la quête des origines, la compréhension de l’être intime, de ses manquements, de ses troubles et de ses désirs. Seulement il existe ce moment où savoir ne suffit pas à guérir, à calmer, à apaiser. Pour cela, il faut dépasser la peine, la colère, le deuil, le renoncement et, de façon plus exemplaire, le ressentiment, cette amertume qui peut avoir notre peau alors même que nous pourrions découvrir son goût subtil et libérateur. L’aventure démocratique propose elle aussi la confrontation avec la rumination victimaire. La question du bon gouvernement peut s’effacer devant celle-ci : que faire, à quelque niveau que ce soit, institutionnel ou non, pour que cette entité démocratique sache endiguer la pulsion ressentimiste, la seule à pouvoir menacer sa durabilité ? Nous voilà, individus et État de droit, devant un même défi : diagnostiquer le ressentiment, sa force sombre, et résister à la tentation d’en faire le moteur des histoires individuelles et collectives."

Comme toujours quand je me retrouve devant un ouvrage grandement médiatisé, j’ai longuement hésité à commencer la lecture. Et en effet, à propos de cet essai, quel bouquet unanime d’éloges est venu de tous les horizons de la scène culturelle, éloges à peine rompus par la critique d’un philosophe marxiste, en l’occurrence plutôt porté… au ressentiment [1].
Puis, sur la foi de lecteurs et lectrices proches, je me suis décidé.
Les premières pages ont d’une certaine façon conforté ma méfiance, car je n’ai jamais apprécié l’abondance de citations et de références par laquelle bien des esprits superficiels croient se donner une assise intellectuelle. Mais j’ai bien vite compris qu’il s’agissait d’autre chose que du banal « copier-coller ». J’ai retrouvé là la vertu du vrai travail intellectuel, fondée sur un apprentissage dont beaucoup n’ont même pas idée, trompés qu’ils sont par leur papillonnage prédateur. Ici, le travail c’est l’honnête déchiffrement de ce qui a été produit, la mise en fiche, la mise en ordre, et ensuite l’alchimie de l’utilisation. Un art qui tient un peu beaucoup à celui de grand chef en cuisine. Bref, j’ai vite oublié mes réticences premières et je me suis enfoncé dans l’ouvrage.
Je ne vais pas le résumer ici. La présentation de l’éditeur vous en donne une excellente approche. Et je ne peux que vous renvoyer à la lecture.
Mais je dois dire avant tout que c’est un ouvrage qui m’a fait du bien, un ouvrage qui aide à vivre, et, par les temps qui courent, c’est un bienfait inappréciable.

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