La Seyne sur Mer

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Baudelaire, La fin de la journée

vendredi 26 mars 2021, par René Merle

Baudelaire esthète critique des salons ? Baudelaire ami des auteurs réalistes : jusqu’à la publication des Fleurs du Mal, beaucoup pouvaient le penser. N’avait-il pas préfacé en 1851 le solide et terre à terre poète démocrate Pierre Dupont [1], et même, quelques années après, le roman caustique et tout à fait réaliste du jeune Cladel, Les martyrs ridicules [2], qu’il avait apprécié par sa dénonciation de l’écume mondaine, ou bohème, de la société parisienne.
Le recueil des Fleurs du Mal révélait une autre face du poète : les pieds dans la réalité, mais dans le refus de cette réalité. Et il s’obstina : malgré les déboires judiciaires occasionnés par l’édition de 1857, Baudelaire, un an donc après avoir préfacé Cladel, parvenait à faire publier une édition augmentée des Fleurs du Mal (1862).
La plupart de ses poèmes sont aujourd’hui archi connus et appréciés. Peut-être « La Fin de la journée » l’est-il moins. Il exprime clairement et douloureusement sa prise de distance avec une réalité dont il a pris toute la mesure, et dont il se détourne à jamais. Ce qui ne l’empêche pas en 1862 d’être candidat, sans le moindre succès, à l’Académie française.

Sous une lumière blafarde
Court, danse et se tord sans raison
La Vie, impudente et criarde.
Aussi, sitôt qu’à l’horizon
La nuit voluptueuse monte,
Apaisant tout, même la faim,
Effaçant tout, même la honte,
Le Poète se dit : « Enfin !
Mon esprit, comme mes vertèbres,
Invoque ardemment le repos ;
Le cœur plein de songes funèbres,
Je vais me coucher sur le dos
Et me rouler dans vos rideaux,
Ô rafraîchissantes ténèbres ! »

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