La Seyne sur Mer

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Boileau, sur le Sublime

mardi 13 avril 2021, par René Merle

En dépit de ceux, et ils abondent, qui estiment la culture classique « élitiste » et inadaptée aux temps nouveaux, je suis toujours sensible par exemple à ce qu’écrivait Boileau en traduisant (première édition 1674), sous le titre de Traité du sublime ou du merveilleux dans le discours, le texte grec de Longin (premier siècle après J.C.) : Περὶ ὕψους (Perì hýpsous)
Le texte est celui de l’édition de 1701, que Boileau appela son "édition favorite".
« Le Sublime est en effet ce qui forme l’excellence et la souveraine perfection du discours : que c’est par lui que les grands poètes et les écrivains les plus fameux ont remporté le prix, et rempli toute la postérité du bruit de leur gloire.
[…]
Car il ne persuade pas proprement, mais il ravit, il transporte, et produit en nous une certaine admiration mêlée d’étonnement et de surprise, qui est toute autre chose que de plaire seulement, ou de persuader. Nous pouvons dire à l’égard de la persuasion, que pour l’ordinaire elle n’a sur nous qu’autant de puissance que nous voulons. Il n’en est pas ainsi du Sublime. Il donne au discours une certaine vigueur noble, une force invincible qui enlève l’âme de quiconque nous écoute. Il ne suffit pas d’un endroit ou deux dans un ouvrage, pour vous faire remarquer la finesse de l’Invention, la beauté de l’Économie et de la Disposition ; c’est avec peine que cette justesse se fait remarquer par toute la suite même du discours. Mais quand le Sublime vient à éclater où il faut, il renverse tout comme un foudre, et présente d’abord toutes les forces de l’orateur ramassées ensemble. Mais ce que je dis ici, et tout ce que je pourrais dire de semblable, serait inutile pour vous, qui savez ces choses par expérience, et qui m’en feriez au besoin à moi- même des leçons. »

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