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À propos d’Épicure

lundi 19 avril 2021, par René Merle

Ce n’est pas en classe de bac philo, en 1953, que j’ai découvert Épicure, et ce n’était pas la faute de notre si symathique professeur (très bergsonienne), car Épicure n’était pas au programme.
Je l’ai rencontré un peu plus tard, en lisant Lucrèce présenté par Georges Cogniot [1], dans un de ces petits Classiques du Peuple qui firent tant pour l’éducation des jeunes militants communistes dont je faisais alors partie.
Lucrèce, diffuseur d’Épicure et d’une philosophie matérialiste qui depuis est demeurée la mienne.
Pour évoquer ce que je ressentis alors en cette année 1955 de découverte d’une autre vie à Paris, le mieux est de lire ce qu’en disait Cogniot dans son bilan de vie [2] :
« En octobre 1954, j’avais donné [3] mes textes choisis de Lucrèce, dont la préparation avait été pour moi une joie de l’esprit. Jean Fréville voulut bien le 24 novembre recommander mon ouvrage aux lecteurs de l’Humanité en soulignant la nouveauté des idées qu’il exprimait. J’avais essayé de mettre en lumière l’apport marxiste aux études lucrétiennes. Ma conviction, formée de longue date, était que l’épicurisme ne représente pas une modeste sagesse, un peu terre à terre, mais une philosophie de haut statut et une tentative profonde de connaître le monde, voire le couronnement de cette pensée grecque dont, comme dit Ernst Robert Curtius, la religion n’a jamais été le côté fort. Dans le « combat de géants » entre matérialistes et idéalistes dont parlait déjà Platon, Épicure et Lucrèce m’apparaissaient comme les vainqueurs.
C’est pourquoi je m’étais livré avec passion à l’approfondissement et à la défense du matérialisme antique dans ma studieuse retraite de plein été, au milieu de la splendeur et du silence des grandes Alpes, qui devenaient dès lors pour moi comme l’analogue physique de ces « hauts lieux fortifiés par la science des sages dont il est question dans le De natura rerum. »
C’est bien plus tard que j’ai approfondi le lien entre Épicure et Marx, en lisant ce qu’écrivait Constanzo Preve de la formation du jeune Marx.
Je vous renvoie sur ce site à l’article Preve et le jeune Marx et à son approfondissement dans l’article Marx et le clinamen.
Et comment ne pas citer les travaux sur Épicure de Jean Salem, dont vous pouvez trouver quelques échos en vidéo sur Youtube [4].

Notes

[1Georges Cogniot, Lucrèce, de la nature des choses, Éditions sociales, 1954

[2Georges Cogniot, Parti pris. Tome 2 De la Libération au Programme commun Éditions sociales, 1976

[3Aux Éditions sociales

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