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"Ulysse" de Joyce, encore un effort...

dimanche 21 mars 2021, par René Merle

Parmi les vœux du Premier janvier, il y a ceux que l’on exauce et ceux que l’on oublie.
Mon vœu relatif à l’Ulysse de Joyce participe des deux catégories.
Je commence à lire Ulysse chaque début d’année, et je ne le finis jamais.
Je l’avais acheté il y a une bonne dizaine d’années chez un bouquiniste toulonnais : édition Gallimard 1960, 710 pages à caractères très serrés.
Le précédent propriétaire n’était pas allé au delà des soixante premières pages et j’ai eu le plaisir d’occuper le temps avec le coupe papier, plaisir bien inconnu aujourd’hui pour les jeunes lecteurs pressés.
Mais moi aussi j’ai calé à peine un peu plus loin que le malheureux précédent propriétaire.
Et chaque année c’est la même chose.
Je conçois tout ce qu’il y a d’anormal dans ma conduite : je suis friand de la littérature du début du siècle où je suis né, et Ulysse date de 1904, je suis bon lecteur de l’Odyssée, j’aime l’Irlande que j’ai parcourue en vélo dans mon jeune âge, et, par ailleurs, je me suis avalé sans peine et avec plaisir des pavés tout aussi gros que celui-ci…
Comment donc expliquer cette conduite d’échec devant ce chef d’œuvre universellement reconnu [1], sinon par une dégradation irréversible de mes neurones. Explication que je préfèrerais somme toute à celle d’une incapacité congénitale à fréquenter les œuvres immortelles.
Mais je ne renonce pas. Si je ne me suis pas mis à un essai de lecture en janvier, je vais désormais essayer de rattraper le temps perdu…

Notes

[1Présentation de l’éditeur : L’action d’Ulysse se passe en un jour, à Dublin, en 1904. Le personnage d’Ulysse est un petit employé juif, Leopold Bloom ; Stephen Dedalus, jeune Irlandais poète, est Télémaque ; Marion, femme de Bloom et qui le trompe, est Pénélope. Rien n’arrive d’extraordinaire au cours de cette journée. Bloom et Dedalus errent dans la ville, vaquant à leurs affaires, et se retrouvent le soir dans un bordel.
Chaque épisode correspond à un épisode de L’Odyssée. Mais la parodie débouche sur une mise en cause du monde moderne à une époque de muflisme. Joyce exprime l’universel par le particulier. Bloom, Dedalus, Marion sont des archétypes. Toute la vie, la naissance et la mort, la recherche du père (Dedalus est aussi Hamlet), celle du fils (Bloom a perdu un fils jeune), toute l’histoire sont contenues en un seul jour. C’est à Rabelais, à Swift que l’on peut comparer l’art de Joyce qui a écrit, dans Ulysse, la grande œuvre épique et satirique de notre temps.

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