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De la situation sanitaire et du présidentialisme

jeudi 18 mars 2021, par René Merle

J’ai découvert hier la vaccination Pfizer dans un grand gymnase toulonnais. Assez impressionnant. Déjà par l’organisation et l’encadrement : bénévoles et réservistes de la protection civile, infirmières libérales, médecins (celui qui m’a reçu était retraité et bénévole), pompiers, employés municipaux… Et dans le coup d’œil sur la salle et sa foule de têtes grises et blanches qui attendaient devant les tables et les tentes…
Je me garderai d’asséner à la poignée d’aficionados qui suit ce site plus ou moins régulièrement mon point de vue sur la gestion de la situation sanitaire, et sur ses options successives et parfois contradictoires. Chacun se fera un point de vue en fonction de sa situation, et de la réalité sanitaire et sociale qu’il connaît.
Simplement un mot sur le rôle du Président.
Je ne crois pas, et c’est aussi sans doute le sentiment de beaucoup, que ses rivaux feraient en l’occurrence plus mal ou mieux que lui. Et personne sans doute n’aimerait être à sa place.
Mais enfin, en l’absence de tout vrai débat collectif et démocratique, nous voilà réduits aux décisions d’un homme qui en définitive tranche seul.
Si un chirurgien me dit qu’il doit m’opérer, je dois lui faire confiance parce qu’il est professionnel, et donc a priori fiable.
Mais le Président est-il un professionnel ?
J’en reviens toujours à une question que j’ai évoquée cent fois sur ce site : comment nous dégager d’un système qui donne en fait les pleins pouvoirs à un homme (ou, mais cela viendra peut-être, à une femme) ? Comment accéder à un système où ceux dans lesquels nous plaçons notre confiance, et notre destin, soient institutionnellement tenus de consulter les diverses instances législatives démocratiquement élues ?
On me rétorquera que nous sommes en guerre, et qu’à la guerre on ne discute pas des ordres du général. On obéit.
Et c’est bien que ce que font les Français, malgré leur lassitude.
Mais quand même, on ne peut se cacher que le mal est profond. Pour nous en tenir à l’échelon de base, celui de la commune, dès que la commune a une certaine importance on peut constater la délégation de pouvoir à des cabinets conseils plus ou moins spécialistes, plus ou moins compétents, au grand soulagement des élus qui n’ont pas été formés vraiment à la gestion.
On frémit en pensant ce qui peut advenir dans l’obscurité des décisions solitaires élyséennes, quand l’homme dominé par l’hybris de la toute puissance n’en a pas moins recours à d’opportuns conseillers occultes tout à fait étrangers à la représentation nationale…

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