La Seyne sur Mer

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Osvaldo Rodriguez, Valparaíso

samedi 24 avril 2021, par René Merle

Quand je pense à ma visite, déjà ancienne, de Valparaíso, je pense aussi à cette belle et triste chanson d’Osvaldo Rodríguez [1943-1996], qui fut victime de l’épouvantable répression pinochetiste de 1973 et dut fuir sa ville et son pays. Il évoque ici son amour pour sa cité et le trauma de la violence subie.

Yo no he sabido nunca de su historia,
un día nací allí, sencillamente.
El viejo puerto vigiló mi infancia
con rostro de fría indiferencia.
Porque no nací pobre y siempre tuve
un miedo inconcebible a la pobreza.

Je n’ai rien su de son histoire – un jour je naquis ici, simplement – le vieux port surveilla mon enfance – avec un visage de froide indifférence - Comme je ne suis pas né pauvre, j’ai toujours éprouvé – une peur inconcevable de la pauvreté.

Yo les quiero contar lo que he observado
para que lo vayamos conociendo.
El habitante encadenó las calles
la lluvia destiñó las escaleras
y un manto de tristeza fue cubriendo
los cerros con sus calles y sus niños.

J’ai envie de vous raconter ce que j’ai observé - pour que nous apprenions à la connaître – l’habitant enchaîna les rues – la pluie s’en prit aux escaliers – et un manteau de tristesse couvrit – les collines avec leurs rues et leurs enfants.

Y vino el temporal y la llovizna
con su carga de arena y desperdicio.
Por ahí paso la muerte tantas veces
la muerte que enlutó a Valparaíso
y una vez más el viento como siempre
limpió la cara de este puerto herido.

Et vint la tempête et la brume – avec sa charge de sable et de déchets – par ici la mort passa tant de fois – la mort qui endeuilla Valparaiso. Et une fois de plus le vent comme toujours – nettoya le visage de ce port blessé.

Pero este puerto amarra como el hambre,
no se puede vivir sin conocerlo,
no se puede mirar sin que nos falte,
la brea, el viento sur, los volantines,
el pescador de jaibas que entristece
nuestro paisaje de la costanera.

Mais ce port attache comme la faim – on ne peut vivre sans le connaître - il ne se peut regarder sans qu’il nous manque – le goudron, le vent du sud, les cerfs volants – le pêcheur de crabe qui attriste – notre paysage du bord de mer

Yo no he sabido nunca de su historia...

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