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À propos d’André Léo

vendredi 2 avril 2021, par René Merle

Après la publication de l’article 1871, Commune de Paris, « Au travailleur des campagnes », j’ai reçu de Jean-Pierre Bonnet de précieuses précisions sur l’auteur de l’appel de la Commune, André Léo (Léodile Béra, madame Grégoire Champseix), notamment sur ses rapports avec Benoît Malon pendant le long exil qui suivit la défaite de la Commune [1].
Par la même occasion j’ai découvert l’existence de l’Association André Léo, dont Jean-Pierre Bonnet est un des animateurs :
http://andreleo.com/
Et j’ai donc aussi découvert entre autres publications de Jean-Pierre Bonnet celle de lettres de Malon à André Léo, puis de Malon à la jeune amie d’André Léo, Mathilde Roederer : Lettres à André Léo, Ressouvenances, 2020.
Publié à l’initiative de l’Association des Amis de Benoît Malon, ce recueil réunit, outre les lettres à l’écrivaine André Léo, des correspondances à quelques autres destinataires et des documents. Il comporte également « Les vies parallèles d’André Léo et Benoît Malon », projet de biographie croisée écrit par Lucien Descaves. Important appareil critique, notes et index par Jean-Pierre Bonnet.

Je me permets de citer quelques lignes d’un des messages que m’a adressés Jean-Pierre Bonnet :

« A mon sens, André Léo, qui n’a jamais cru au politique pur (pour elle, il faut une refondation du peuple français, par une instruction qui reste largement à faire), qui a pensé que l’œuvre sociale n’a pas de portée dans un faux régime républicain, ce qui sera longuement le cas à partir du 4 septembre 1870. Qui a cherché à fonder des bases d’une instruction et d’une éducation véritables, mais qui a considéré que, dans le cadre impossible de cette pseudo-République, sans fondements politiques et sociaux, une œuvre éducative effective était sans avenir (l’exemple de Cempuis), est restée en dehors de toute entreprise, jusqu’à ce qu’elle vienne tardivement participer avec sa chère cousine et amie Emma Darbez, dans le domaine de celle-ci, la Bussière, à Lhommaizé (Vienne), à l’accueil d’enfants cassés par la vie, envoyés d’abord par l’Union française pour le sauvetage de l’enfance, puis par d’autres. »

Jean-Pierre Bonnet m’a aussi communiqué ce très éclairant extrait d’une lettre d’André Léo aau célèbre éditeur démocrate Hetzel, en me donnant la permission de le publier. Peut-être y ajoutera-t-il son commentaire, qui sera toujours bienvenu sur ce site :

« André Léo (Léodile Béra, madame Grégoire Champseix, 1824-1900) Extrait d’une lettre à Hetzel (BnF NAF 16939 / 101-102)
Cher Monsieur,
[...] Vous êtes étonné de mon insuccès ; moi, pas du tout, et je vais vous l’expliquer : à mes débuts, j’ai refusé les catholiques, d’abord le Correspondant puis le Moniteur de l’Empire. La démocratie a mis du temps à m’ouvrir sa porte, puis elle m’a fêtée un moment. Mais voilà encore : j’ai refusé d’être de l’église matérialiste, d’affirmer leurs négations, n’étant sûre de rien ; je n’ai pas voulu affirmer davantage les affirmation des spiritualistes, n’en sachant pas davantage ; j’ai combattu les idées autoritaires des positivistes. Enfin, je me suis brouillée avec les libéraux en soutenant de toute la force de ma conscience les revendications des prolétaires [...] Ce n’est pas tout : j’ai dit aux braillards de la démocratie ce que je pensais d’eux, et tout en étant de cœur avec la cause de Paris, qui était celle du peuple et de la vraie République, j’ai blâmé les violents de la Commune, pendant et après. Je soutiens aux nihilistes et aux anarchistes qu’il faut conserver la morale, en l’élargissant et en la rendant plus vraie, plus humaine seulement. Naturellement, tous ces gens m’ont en grippe. »

J’espère que ces quelques lignes donneront envie aux lecteurs de ce site de mieux découvrir la grande féministe et internationaliste André Léo.

Notes

[1J’avais dans un article déjà ancien évoqué le refus d’André Léo de participer au lancement de la première Revue socialiste de Benoît Malon, et son affirmation de son combat féministe. Cf. : Benoît Malon, Revue socialiste n°1, 1880.

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