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Casablanca 1942, la Marseillaise

samedi 17 avril 2021, par René Merle

Casablanca. Une séquence de ce film mythique américain, sorti fin novembre 1942 aux Etats-Unis, s’est inscrite dans la conscience patriotique ou nationaliste française, appelez-là comme vous voulez.
La scène se déroule à Casablanca, alors sous autorité pétainiste, et la trame du film est la tentative d’exfiltration d’un résistant vers les forces de la France Libre à Brazzaville.
Le Maroc n’est pas occupé par les Allemands, mais l’administration pétainiste accepte la présence de cadres et représentants de « l’ami » d’outre Rhin.
Et donc, dans un night club huppé de Casablanca, on voit un groupe de gradés allemands chanter l’hymne national socialiste Die Wacht am Rhein, comme en pays conquis.
La Marseillaise surgit alors, qui soude toute la clientèle du nigt-club, y compris les militaires pétainistes.

Dans cette spontanéité paroxystique du surgissement de la Marseillaise, Curtiz exprime devant le public américain sa confiance dans la capacité de résistance de la société française, civile et militaire aux forces du mal. Il est évident que cette confiance ne pouvait être transmise aux Français de 1942, puisque le film ne sera sur les écrans français qu’en 1947.
Et Curtiz savait ce que fascisme veut dire, puisque, jeune réalisateur hongrois issu d’une famille juive, il avait dû fuir après la chute de la république hongroise des Soviets [1], quand le régime de l’amiral Horthy, soutenu par les alliés occidentaux, avait déclenché une vague de persécutions antisémites.
Le tournage s’était déroulé de mai à août 1942. Et le film sort fin novembre alors que, du 8 au 10 novembre 1942 le débarquement américain à Casablanca s’était heurté à une sanglante résistance des forces françaises pétainistes !
Depuis, la scène de la Marseillaise est devenue elle aussi mythique, qui posait l’unité française contre l’occupant nazi, et le droit contre la force.
Un bémol : le spectateur peu au fait du contexte historique réalisera-t-il bien que l’Empire chérifien du Maroc était lui aussi occupé par la France, qui en avait fait un « protectorat », comme l’on disait pudiquement ?

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