La Seyne sur Mer

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Alfonso Gatto, A mio Padre

lundi 31 mai 2021, par René Merle

Alfonso Gatto (1909-1976).

A mio padre
Se mi tornassi questa sera accanto
lungo la via dove scende l’ombra
azzura già che sembra primavera,
per dirti quanto è buio il mondo e come
ai nostri sogni in libertà s’accenda
di speranze di poveri di cielo,
io troverei un pianto da bambino,
e glo occhi aperti di sorriso, neri
neri come le rondini del mare.

Mi basterebbe que tu fossi vivo,
un uomo vivo col tuo cuore è un sogno.
Oa alla terra è un’ombra la memoria
della tua voce che diceva ai figli :
"Com’è bella la notte e com’è buona
ad amarci così con l’aria in piena
fin dentro al sonno." Tu vedevi il mondo
nel plenilunio sporgere a quel cielo,
gli uomini incamminati verso l’alba.

Alfonso Gatto, Il capo sulla neve, Milano-sera, 1949. Un poète majeur de l’après-guerre. Gatto, antifasciste et résistant, était alors membre du PCI et collaborait à sa presse.

Traduction :

A mon père

Si tu revenais ce soir à mon côté
le long de la rue où l’ombre descend
bleue déjà comme si c’était le printemps,
pour te dire combien le monde est sombre et comment
sous nos rêves en liberté il s’illuminerait
d’espoirs, de pauvres, de ciel,
je trouverais des larmes d’enfant
et de grands yeux de sourire, noirs
noirs comme les hirondelles de mer.

Il suffirait que tu sois vivant,
un homme vivant avec ton cœur est un rêve.
Aujourd’hui est une ombre pour la terre le souvenir
de ta voix qui disait à tes enfants :
« Comme la nuit est belle et comme elle est bonne
de nous aimer ainsi, l’air en crue
jusqu’au cœur du sommeil. » Tu voyais le monde
à la pleine lune tendre vers le ciel,
les hommes en marche vers l’aube.

Traduit de l’italien par Bernard Simeone
In, Alfonso Gatto : « Pauvreté comme le soir »,
Editions La Différence (Orphée), 1989

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