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Unité ? l’an 56

jeudi 20 mai 2021, par René Merle

j’ai souvent écrit sur ce site que le trauma de 1956 a à tout jamais levé mes illusions sur la possibilité d’une vraie unité à gauche. Et c’était l’année de mes vingt ans.
Je ne prétends pas convaincre qui que ce soit en écrivant ces lignes, car on ne prêche jamais que des convaincus.
Mais voici donc, en témoignage, ce que m’a apporté cette année 56 au plan politique. Heureusement, il n’en allait pas de même au plan personnel, en ces instants de vraie découverte de la vie.
Aux élections législatives du 2 janvier, le Front républicain (socialistes, radicaux mendésistes, UDSR de Mitterrand, gaullistes sociaux de Chaban-Delmas) obtenait 27,67 % des suffrages, et le Parti communiste 25,89 %.
C’est dire que les deux formations disposaient de la majorité absolue.
Unité ?
Les socialistes avaient une longue pratique de l’unité, puisque en 1947, après avoir viré de leur gouvernement les communistes, réprimé militairement les grèves de 1947-1948, ils avaient pratiqué une politique d’unité… avec le MRP centre droit démocrate chrétien, et avec une partie de la droite.
Mais la crise algérienne était là, le mécontentement devant la politique de la droite parlementaire, et l’expérience Mendes France avait montré que la négociation pouvait payer en assurant la fin du conflit d’Indochine. Les socialistes avaient pris quelque distance avec leurs ex-alliés du centre droit et promettaient une politique de paix en Algérie par la négociation.
Pour ce faire, au lendemain des élections, ils demandèrent les pouvoirs spéciaux, et les communistes en quête d’unité s’empressèrent de les leur accorder.
Mais les socialistes refusèrent ces voix étrangères « moscoutaires » et leur préférèrent celles des nationaux « fréquentables ».
On sait comment le très guesdiste Guy Mollet, président du conseil socialiste [1], vira sa cuti devant l’hostilité des Français d’Algérie à ces perspectives de négociations, et comment la France des pouvoirs spéciaux s’engagea encore plus dans un conflit interminable qui, à la différence de la guerre d’Indochine où seuls étaient engagés les militaires de carrière, se mena avec la participation massive des appelés au service militaire.
1956 est aussi l’année où l’importante influence du Parti communiste commença à s’éroder, sur la plan intérieur à cause de son désir d’une politique de négociations en Algérie, et sur le plan extérieur avec le fameux rapport Kroutchev sur « les crimes de Staline » et l’intervention de l’Armée rouge contre l’insurrection hongroise.

Notes

[1Cf. : Guy Mollet.

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