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Élection présidentielle : de Marie-George Buffet à Fabien Roussel

mardi 18 mai 2021, par René Merle

Ainsi le Parti communiste a décidé de se lancer dans la campagne présidentielle, avec la candidature de son secrétaire national Fabien Roussel.
Sur ses quelque 44.000 cotisants, 30.191 ont participé à la consultation, qui a vu cette option l’emporter avec 82% des suffrages.
J’essaie d’imaginer ce qu’auraient pensé des militants d’ancien régime, (comme mon père qui avait adhéré au Parti pendant la Résistance), - et qui condamnaient totalement la présence dans le Parti de courants et tendances -, en voyant comme aujourd’hui diverses lignes optionnelles s’affronter pour décider de l’orientation du Parti.
Mais, comme dit la chanson, times are changing, et n’ont pas à en juger ceux qui, comme moi, voient les choses de l’extérieur…
Les gazettes n’ont pas manqué de souligner combien ce choix de la candidature était risqué, au regard du dernier score obtenu à l’élection présidentielle par la secrétaire générale du Parti, Marie-George Buffet qui en 2007 obtint 1,93% des voix…
Je ne reviens sur l’épisode Buffet que pour faire remarquer qu’en 2007 Mme Buffet était en fait candidate de « la gauche populaire et antilibérale » et non directement du Parti communiste (elle s’était d’ailleurs mise en congé de sa direction).

Ceux qui avaient l’âge de raison en 2005 se souviennent sans doute du référendum sur le traité établissant une constitution pour l’Europe. Campagne médiatique déchaînée en faveur du OUI, appel à voter OUI de la droite et du centre (UMP, UDF), du Parti socialiste, des radicaux dits de gauche (PRG) et des Verts.
Appel à voter NON du Front national, du Parti communiste, des gaullistes du RPF et de plus petites formations comme le Mouvement républicain et citoyen (MRC), chevènementiste, le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers, Lutte Ouvrière, la Ligue communiste révolutionnaire.
Mais la campagne avait vu aussi, à gauche et à l’extrême gauche, la floraison d’une multitude de comités « antilibéraux » regroupant des militants « encartés » et une foule de citoyens sans appartenance organisationnelle.
Les lendemains de la campagne virent, des mois durant, les tentatives de structuration et de coordination de ces comités antilibéraux, en vue de l’élection présidentielle de 2007. José Bové était présenté par certains comme le candidat rassembleur idéal, mais le PCF, après avoir constaté l’échec de la tentative d’une candidature unitaire de la gauche de la gauche décida de proposer sa secrétaire comme représentante « la gauche populaire et antilibérale », bref représentante des comités qui dans leur majorité ne voulaient pas d’elle. Le résultat fut catastrophique (1,93%), et le PCF, qui taxait jusque là facilement la Ligue communiste révolutionnaire de groupuscule, se voyait lui même relégué au rang de groupuscule derrière le candidat LCR, Olivier Besancenot (4,08%). De son côté, le proclamé charismatique José Bové en prenait un coup avec ses 1,32%.
Désormais, le PCF, en essayant de garder son acquis de députés et de municipalités, ne renonça pourtant pas à sa politique proclamée unitaire, et se tira une balle dans le pied en s’engageant dans le Front de Gauche avec le nouveau Parti de Gauche, créé par Jean-Luc Mélenchon [1], qui avait quitté le PS après avoir appelé à voter NON au référendum. On sait comment le PCF fut phagocyté et transformé en roue de secours par le tribun du Parti de Gauche, dont la parole revigorante attira alors nombre d’électeurs communistes déçus réfugiés dans l’abstention, et nombre d’électeurs socialistes déçus par le social-libéralisme du PS…
Et l’on connaît la suite.
Triste série d’épisodes pour celles et ceux qui tombèrent dans l’illusion de « changer le monde » par la voie électorale et par la proclamation d’une nécessité de la fameuse « Unité ».
Il ne semble pas que nous soyions sortis aujourd’hui de ce piétinement « unitaire » sans fin, parfaitement stérilisant me semble-t-il, tant il s’est joué dans les négociations « au sommet » et dans l’affrontement des égos.
Rien d’étonnant si, dans ces conditions, l’abstention progresse toujours. Est-elle pour autant révolutionnaire, comme le croyaient nos vieux anarchistes ?

Notes

[1M. Mélenchon et Mme Buffet avaient participé au gouvernement de « la gauche plurielle » de Lionel Jospin

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