La Seyne sur Mer

Accueil > Religions, croyances > "Lois liberticides" et religion

"Lois liberticides" et religion

samedi 22 mai 2021, par René Merle

Je lisais hier sur le net dans le magazine de la gauche radicale de Clémentine Autain et ses ami/e/s, Regards, un appel à manifester ainsi titré :
« Organisations syndicales, politiques, associations et autres collectifs appellent à manifester samedi 12 juin pour défendre les libertés et les droits sociaux [1]. »

J’y lisais notamment :
« Plusieurs lois liberticides organisent une société autoritaire de surveillance et de contrôle qui empêcheraient d’informer sur des violences policières, déjà trop importantes. De plus, si certaines de ces lois stigmatisent une partie de la population en raison de sa religion, d’autres en ciblent en raison de leur activité militante. »

Je me suis demandé une fois de plus quelles sont ces « lois liberticides stigmatisant une partie de la population en raison de sa religion ».
Suivre mon regard (sans mauvais jeu de mots) : je retrouve là la thématique des « lois liberticides » qui fut celle de la manifestation contre l’islamophobie [2] de novembre 2019 [3], à laquelle LFI et Jean-Luc Mélenchon s’étaient associés, ce dont je ne m’étais pas félicité [4]. Et je dois répéter que cette participation m’avait fait perdre mes dernières illusions sur le líder maximo : je le répète non pour convaincre qui que ce soit, car, selon une formule que j’aime répéter, « on ne prêche jamais qu’aux convaincus », mais pour « m’expurger », comme on dit dans mon patois…

J’ai donc retrouvé sans surprise parmi les signataires LFI dans l’appel à manifester le 12 juin, mais j’ai remarqué aussi l’absence du PCF qui s’était lui aussi associé à la manifestation du 19 novembre 2019.
Puis, toujours sur le net, j’ai lu dans Libération que le PCF appelait à manifester, mais dans un appel séparé, que j’ai aussitôt retrouvé sur le site du Parti [5]
Au sujet de la religion « stigmatisée » (mais laquelle, bon Dieu si j’ose dire, nommons là une fois pour toutes !), l’approche est quelque peu différente :
« Ils [le pouvoir macronien et la droite] nourrissent les divisions de la société française en remettant en cause les libertés publiques, en concentrant toujours plus les pouvoirs institutionnels et économiques, en criminalisant les militant·e·s syndicaux et associatifs et en alimentant les assignations identitaires qui favorisent le racisme et l’antisémitisme, la stigmatisation de secteurs entiers de la population en raison de leurs origines, religions, de leur genre ou de leur orientation sexuelle ».
Religion il y a bien, mais pas question ici de loi liberticide à son égard. « Stigmatisation » la remplace.

Il est vrai que l’on ne retrouve pas dans l’appel pour le 12 juin 2021 les signatures des organisations musulmanes, dont certaines à l’orientation fort contestée, qui avaient organisé la manifestation de novembre 2019.
Mais, « lois liberticides » ou, de façon évidemment plus prudente et plus nuancée : « stigmatisation », la thématique de l’islamophobie demeure, qui, ainsi posée, occulte gravement la défense de notre laïcité si menacée et notre légitime refus de l’intolérance qui, elle, ne se soucie guère des libertés religieuses et autres dans les pays où elle domine, et notre combat contre un terrorisme qui lui annonce clairement la couleur. Il n’est pas évident que cette dénonciation de la soi-disant persécution d’une religion soit pertinente pour rassembler massivement contre la dérive autoritaire du pouvoir et le spectre du fascisme.

Répondre à cet article

| Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | SPIP