La Seyne sur Mer

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Logiciels réformistes et révolutionnaires d’hier et d’aujourd’hui

vendredi 28 mai 2021, par René Merle

Sous le titre « Logiciels révolutionnaires, de 1789 à 1848 », j’avais publié un billet concernant le décalage, dans la première moitié du XIXème siècle, entre le souvenir prégnant de l’événement fondateur, la Grande Révolution, et les nouvelles donnes de la situation politique et sociale à la fin de la Monarchie de Juillet. Réformistes et révolutionnaires de 1830 et 1848 vivaient leur présent, à certains égards radicalement nouveau, en chaussant les lunettes de 1789 et 1793 (Tiers-État vs Noblesse, idéal égalitaire sans culotte de petits propriétaires indépendants) ou en ressassant le mythe napoléonien (dont le neveu saura se servir en 1848-1851) :
Cf. : Logiciels révolutionnaires, de 1789 à 1848
Et je terminais en écrivant :
« Je reviendrai peut-être sur cette donne psychologique et politique, en prenant des exemples plus contemporains. »
J’y reviens donc rapidement.
Il est fréquent de voir comment, dans la gauche de la gauche d’aujourd’hui, le souvenir de luttes sociales et politiques du récent XXème siècle nourrit l’analyse du présent. Tout se mêle, et parfois dans un romantisme facile (j‘y ai souvent cédé). Mais, au plan politique, nous ne sommes pas plus en 1920 qu’en 1936, pas plus en 1945 qu’en 1958, pas plus en 1968 qu’en 1981 (toutes dates capitales s’il en fut). Et quand aujourd’hui nous célébrons la Commune, réalisons bien que nous ne sommes pas en 1871... La donne est nouvelle, et si différente...
Il est difficile, mais pourtant bien nécessaire, de considérer l’énormité des changements, ou plutôt des révolutions technologiques et financières, d’appréhender à l’heure de la révolution informationnelle et des « plateformes » la vraie nature de ce capitalisme d’aujourd’hui et la vraie structure de classes de notre nouvelle société. Et donc, partant, l’appréhension de la politique à mener.
Et, partant, c’est difficile, et pourtant bien nécessaire, de ne pas se complaire dans la reproduction d’analyses de classe anciennes, et de considérer vraiment sur quel support social, dans cette « vraie » société d’aujourd’hui, doivent s’appuyer les luttes anticapitalistes pour avoir une chance de ne pas se limiter à des incantations.

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