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Territoires

lundi 19 novembre 2018, par René Merle

De l’actualité des Territoires.

Vous l’avez sans doute remarqué, dans les propos officiels comme dans ceux des médias, un nouveau mot est apparu, ou plutôt un mot bien connu est apparu avec une nouvelle connotation. TERRITOIRES.

Avant, c’était simple, il y avait la capitale, il y avait les provinces. Mais les provinces officiellement n’existaient plus depuis la Révolution et leur division en départements. Le mot ne subsistait qu’avec une connotation vaguement folklorique. Ainsi j’étais Varois, mais aussi Provençal. Tutu panpan et pagnolade. Et « l’assent ».

Puis les temps changèrent. J’étais toujours Varois, mais comment signifier ce que j’étais devenu, habitant de la nouvelle Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, PACA pour aller vite. Pacalien ? Et le problème de dénomination devait être autrement redoutable par exemple pour les habitants de la nouvelle Région Centre. Centristes ? Centraux… Peu importe. Nous vivions en Région, dont l’existence se manifestait par de somptueux sièges régionaux, habitacles de nouveaux grands féodaux, défendant durement leur bifteck par rapport à Bercy pour exercer au mieux les nouvelles fonctions qui leur étaient dévolues.

Mais voilà que, sans que les Régions aient disparu (elles ont seulement été regroupées), est venu se superposer un nom sans certificat officiel de baptême : TERRITOIRE. Mot mystérieux, qui oppose aux habitants éclairés des métropoles la multitude mal connue malgré les études des sociologues et autres ethnologues, population enkystée dans les périphéries, les lotissements et les lointaines campagnes, population supposée n’avoir su prendre le train de l’Histoire et de la mobilité, population franchouillarde et peu ouverte sur la mondialisation, population sensible aux sirènes de l’extrême droite, etc. etc.
Depuis quelques jours, ans les médias comme en haut-lieu, chacun compatit à la douleur des territoires, mais nul ne doute que le succès inéluctable de la Réforme, à plus ou moins long terme, ne décille les yeux de ces grands enfants, attendrissants mais quelque peu trop remuants désormais, et les renverra à leurs barbecues dominicaux.

A moins que…
Affaire à suivre.

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