Accueil > Histoire, de la Préhistoire à aujourd’hui > XIXe siècle (jusqu’en 1914) > Marx - Engels après 1852 > Capitalisme : la baisse tendancielle du taux de profit

Capitalisme : la baisse tendancielle du taux de profit

mardi 29 décembre 2020, par René Merle

Le suicide écologique qu’est en train de perpétrer le capitalisme inlassablement en quête de profits a remis en lumière le vieux postulat marxiste de la « baisse tendancielle du taux de profit ».
C’est en fait à Engels que l’on doit la popularisation de cette notion dans la social démocratie allemande, après la mort de Marx (1883).
En effet, ce sont des brouillons épars de Marx qu’utilisera en 1885 et longtemps après en 1894 pour publier les livres II et III du Capital.
On peut lire dans la préface à ce livre III :

« Je puis enfin livrer à la publicité le troisième volume de l’œuvre capitale de Marx, la fin de la partie théorique. En publiant en 1885 le deuxième volume, j’entrevoyais que l’impression du troisième ne présenterait guère que des difficultés matérielles, sauf dans quelques parties très importantes. Il en a été réellement ainsi ; mais j’avais été loin de me rendre compte des difficultés que me réservaient ces parties, les plus importantes de l’ensemble, ni de prévoir les autres obstacles qui vinrent tant retarder la préparation de ce livre.
Ainsi qu’on s’en apercevra tout à l’heure, le travail de rédaction du troisième volume fut très différent de celui du deuxième. Pour ce troisième volume, je ne disposais que d’une ébauche très incomplète. Les commencements de chaque chapitre étaient, il est vrai, achevés généralement avec soin, même au point de vue de la forme ; mais plus loin l’élaboration devenait imparfaite ».
Et la thèse de Marx est ainsi présentée :

« La dépréciation périodique du capital existant, qui est un moyen immanent de la production capitaliste pour retarder la baisse du taux du profit et accélérer l’accumulation grâce à la formation de capital nouveau, trouble les procès de circulation et de reproduction, et détermine des arrêts subits et des crises de la production. Le recul du capital variable relativement au capital constant, qui accompagne le développement des forces productives, stimule l’accroissement de la population ouvrière et la formation d’une surpopulation artificielle. Quant à la baisse du taux du profit, elle ralentit l’accumulation du capital en tant que valeur pendant qu’elle multiplie les valeurs d’usage, effet dont le contre-coup se manifeste bientôt par une reprise de l’accumulation de valeur-capital. Sans cesse la production capitaliste s’efforce de vaincre ces entraves qui lui sont inhérentes et elle ne parvient à les surmonter que par des moyens qui les font réapparaître et les renforcent.
C’est le capital lui-même qui fixe une borne à la production capitaliste, parce qu’il est le point de départ et le point d’arrivée, la raison et le but de la production et qu’il veut qu’on produise exclusivement pour lui, alors que les moyens de production devraient servir à une extension continue de la vie sociale. Cette borne, qui limite le champ dans lequel la valeur-capital peut être conservée et mise en valeur par l’expropriation et l’appauvrissement de la masse des producteurs, se dresse continuellement contre les méthodes auxquelles le capital a recours pour augmenter la production et développer ses forces productives. Si historiquement la production capitaliste est un moyen pour développer la force productive matérielle et créer un marché mondial, elle est néanmoins en conflit continuel avec les conditions sociales et productives que cette mission historique comporte. »

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.