La Seyne sur Mer

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1939-1940 - Communistes ? De l’interdiction de 1939 à l’incapacité de nuire demandée par Maurras, décembre 1940, et à l’affiche rouge...

vendredi 19 février 2021, par René Merle

1939. Dix huit ans après sa naissance, le Parti communiste français était interdit, et ne pouvait poursuivre ses activités que clandestinement.
Le 26 septembre 1939 en effet, le gouvernement français (radical) avait interdit le Parti communiste, supprimé sa presse et ses municipalités, et arrêté des milliers de militants [1]
Les préfets étaient tenus de procéder à ce fichage et à ce ratissage. Ainsi par exemple Jean Moulin, préfet d’Eure-et-Loir depuis le 21 février 1939, avait lui aussi participé à la chasse aux communistes.
Motif de cette interdiction ? Au moment où la France entrait en guerre contre l’Allemagne, le PCF refusait de condamner le pacte germano-soviétique, et donc, selon ses accusateurs, faisait le jeu des nazis [2].
Un an plus tard, la bataille perdue, l’armistice signé, le Maréchal Pétain au pouvoir à l’exultation de la droite et de l’extrême droite, voilà que les communistes ne sont plus considérés comme les amis de nos nouveaux amis les nazis, mais comme des amis de l’Angleterre qui continue la lutte, et des gauullistes !
Bref, les militants emprisonnés restaient en prison, et d’autres les rejoignaient.
L’Action Française. Organe du Nationalisme intégral. Directeurs politiques : Léon Daudet et Charles Maurras. Mardi 3 Décembre 1940.
L’éditorial de Mauuras est un appel à la répression anticommuniste... sans oublier la dénonciation des Juifs…

"VERS L’INCAPACITÉ DE NUIRE
Les arrestations de communistes continuent pour le plus grand bien de la patrie, de la paix et de la civilisation.
Leur liaison flagrante avec l’âpre campagne de la radio anglaise permet de porter sur celle-ci un jugement de plus en plus sévère.
Redemandons au Gouvernement anglais jusques à quand il s’obstinera dans cette voie. La croît-il de son intérêt ? Imagine-t-il quelle affreuse figure lui donne cette action poursuivie afin de soulever la France contre son Gouvernement et de nous jeter dans les jambes une cinquième Révolution de son cru ? Nul ne peut envisager le succès de l’entreprise. Mais nous en connaissons le programme qui en atteste la honte.
Il s’agit de reconstituer point par point un Front populaire, avec ses Juifs, ses radicaux, ses socialistes, ses communistes, augmenté – on rêve cette augmentation – augmenté, mais oui ! des nationaux dont la vue serait la plus faible, la plus courte, la plus artificiellement déviée. Ces mots d’ordre naissent simultanément, courent partout, et se transmettent avec un ensemble parfait. C’est le grand plan. Il est burlesque. Cependant on ne le fera pas échouer en fermant les yeux, et l’activité anti-communiste du ministre de l’intérieur mérite d’être plus qu’approuvée, plus qu’acclamée : soutenue et éclairée, - par tout les moyens.
Charles MAURRAS."

Décidément, il ne faisait pas bon d’être militant communiste en 1939-1940.

Par la suite, Maurras aura bien des raisons d’être gratifié. Ainsi, quand il se roulait dans le pétainisme et stigmatisait les "terroristes", cette fameuse affiche rouge par laquelle les nazis voulaient écarter la population des "terroriste", "Kommunist, pas français"
L’Action française, 23 février 1944 :

Constitué et organisé entre la fin de l’année 1942 et février 1943, le réseau Manouchian fait partie du groupe de résistance des « Francs-tireurs et partisans – main-d’œuvre immigrée » (F.T.P.-M.O.I.). Composé de vingt-trois communistes (dont vingt étrangers : espagnols, italiens, arméniens et juifs d’Europe centrale et de l’Est), le réseau est l’auteur de nombreux attentats et actes de sabotage contre l’occupant nazi. Le réseau Manouchian tient son nom de son dirigeant : Missak Manouchian.
Arrêtés en novembre 1943, ses membres sont jugés lors d’un procès qui se déroule devant le tribunal militaire allemand du Grand-Paris, du 17 au 21 février 1944. Vingt-deux des vingt-trois membres du réseau sont condamnés à mort et fusillés le 21 février au fort du Mont-Valérien. Olga Bancic, la seule femme du groupe, sera décapitée le 10 mai.

Notes

[1Voir le mot clé : Dissolution du Parti communiste.

[2Ce site propose une abondante documentation sur cette période, et j’y reviendrai encore

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