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Retour sur la naissance du Parti ouvrier

mardi 29 décembre 2020, par René Merle

Avant de m’interrompre pour un mois le 8 mars, j’écrivais [1] :
« Pour autant, j’emmagasine toujours des documents historiques. Peut-être, si la forme et l’envie reviennent, j’en nourrirai encore ce site. »
Et tout récemment, à propos d’une bien discutable comparaison entre Jules Guesde et Jean-Luc Mélenchon, j’annonçais quelques documents sur le rôle fondateur de Guesde [2].
Documents ? Attention, avec l’extrême facilité actuelle d’accès aux nouvelles et si abondantes sources numérisées d’archives et de presse, et donc la démocratisation de leur consultation, il est amusant de constater la floraison de copieurs-colleurs qui se proclament un peu facilement historiens. Les historiens, les vrais, savent bien que la démarche historique ne se résume pas à sortir un document de l’archive.
Dans la mesure où ce site est par définition un site qui fournit des documents, je ne voudrais pas donner l’impression de donner dans cette facilité avec le recours aux documents que je vous propose dans la continuité de ceux proposés sur ce site en février-mars de cette année, à propos du retour des Communards amnistiés en 1880 [3].
J’y ai rencontré nombre de militants provisoirement unis dans le salut à la Commune et l’accueil des amnistiés, mais j’ai mesuré aussi les failles de cette unanimité, ce qui m’a renvoyé à une question – oh combien inactuelle en ces temps de ringardisation et d’occultation, pour ne pas dire plus, de tout ce qui touche au socialisme, au collectivisme et au communisme – de quelles contradictions et de quelles espérances est né le Parti ouvrier à la fin de l’année 1880.
Les études abondent sur cette naissance du socialisme collectiviste, et je m’empresse de vous y renvoyer avec la bibliographie donnée à la fin de cet article.
Mais pour aborder ce thème, je n’ai pas voulu présomptueusement faire la recension des ces travaux remarquables et indispensables.
J’ai voulu seulement, pour mon plaisir, me mettre à la place du lecteur de l’époque qui, depuis les congrès ouvriers de 1876-1878 jusqu’à la création du Parti ouvrier en 1880, a pu suivre cette gestation, en quelque sorte au jour le jour et dans l’ignorance de ce qui allait suivre...
Sans illusion sur l’intérêt de la plupart des lecteurs de ce site pour ce type de sujet, je vais donc quand même, pendant l’été, donner, assortis de quelques commentaires, quelques documents, en respectant l’ordre chronologique de leur publication.
S’ils suscitent quelque intérêt pour le lecteur d’aujourd’hui, il va de soi qu’ils peuvent et doivent être complétés par les études historiques synthétiques, sur le court et le long terme.

Dans la somme des publications, on se reportera notamment à :

— Histoire socialiste 1789-1900, sous la direction de Jean Jaurès, Jules Rouff et Cie, 1901 à 1908.
— Mermeix (pseudonyme de Terrail), La France socialiste, notes d’histoire contemporaine, F. Fetscherin et Chuit éditeurs, 1886
— Pour les Congrès, dont les compte-rendus sont en ligne :
— Jean Dormoy, Rapports & Résolutions des Congrès ouvriers de 1876 à 1883, Oriol, 1883.
Léon de Seilhac Les Congrès Ouvriers en France (1876-1897) Armand COLIN, 1899.
— Léon Blum, Les congrès ouvriers et socialistes, I – 1876-1885, Bibliothèque socialiste, Paris, Société nouvelle de librairie et d’édition, 1901 à 1908. Ouvrage sévèrement étrillé par Sorel.
— Claude Willard, Le mouvement socialiste en France (1893-1905). Les Guesdistes, Édition sociales, 1965
— La naissance du Parti Ouvrier Français, correspondance inédite de Paul Lafargue, Jules Guesde, José Mesa, Paul Brousse... [etc.]. réunie par Émile Bottigelli ; présentée et annotée par Claude Willard, Éditions sociales, 1981.
— Sylvie RÉMY, Jean, Jules, Prosper et les autres. Les socialistes indépendants en France à la fin du XIXe siècle, collection Histoire et civilisations, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2011,
— Emmanuel Jousse , Les hommes révoltés. Les origines intellectuelles du réformisme en France (1871-1917), Paris, Fayard, 2017.

Mais avant de traiter de la naissance du Parti ouvrier en France, il est nécessaire de voir comment la notion de Parti est née de l’échec de l’Association internationale des Travailleurs. Ce sera l’objet d’un prochain article. Mais pas pour demain, compte tenu du peu d’enthousiasme des lecteurs pour ce type de sujet.

NOTA : VOUS POUVEZ FACILEMENT ACCÉDER À LA BIOGRAPHIE DES MILITANTS CITÉS EN CONSULTANT LE DICTIONNAIRE MAITRON EN LIGNE.

Suite : De l’Association internationale des Travailleurs au Parti ouvrier

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