Accueil > Histoire, de la Préhistoire à aujourd’hui > XIXe siècle (jusqu’en 1914) > "Une si belle époque ! La France d’avant 1914"

"Une si belle époque ! La France d’avant 1914"

mardi 29 décembre 2020, par René Merle

Si vous l’avez raté en 2019, ne manquez pas le superbe documentaire « Une si belle époque ! La France d’avant 1914 [1] » que rediffuse la 5 [2].

Présentation de la 5 :
« Les quelques années qui séparent le début du XXe siècle de la Première Guerre mondiale furent comme une parenthèse heureuse, idéalisée plus tard avec nostalgie sous le nom de "Belle Epoque". Des images, aujourd’hui restaurées, permettent de redécouvrir ce moment artistique intense au cœur d’une société qui aimait par dessus tout rire et prendre du plaisir à toute chose, malgré les difficultés. Un voyage dans le temps, aux sources de la France contemporaine. Une France définitivement républicaine mais qui se prend pour un Empire. Une République qui va devenir laïque par la force de la loi et qui doit faire face à des tensions sociales sans précédent. »

Présentation [3]
« En 1900, tous les regards sont tournés vers Paris. L’exposition universelle qui ouvre ses portes en avril 1900 en est la célébration. Elle accueillera 51 millions de visiteurs dont la moitié sont des étrangers ! D’énormes moyens ont été mis en œuvre pour en faire un événement exceptionnel : le Petit et le Grand Palais sont construits à cette occasion, mais aussi les gares d’Orsay, de Lyon et des Invalides. Et on inaugure la première ligne de métro qui transportera plus de 10 millions de voyageurs pendant l’exposition. Paris devient une ville spectacle où on célèbre aussi bien les dernières inventions techniques et scientifiques que les salons artistiques d’avant-garde, les cabarets, les grands couturiers et… les Parisiennes. Grandes bourgeoises ou ouvrières, elles font bouger les lignes et tentent de s’affirmer, en exerçants des métiers habituellement réservés aux hommes.
Le mythe de Paris qu’on appellera "la Belle Époque" est à son apogée. Les archives captent ces instants magiques de légèreté et de liesse, d’invention esthétique, et scientifique, de couronnement de la démocratie. Elles donnent à voir la première société mondialisée, connectée par le train, le transatlantique, l’avion, le téléphone... Elles rendent compte de la vie des cercles fortunés de la vie parisienne, de leur goût immodéré pour l’argent, le plaisir, l’extravagance et... les femmes. Elles ne montrent que rarement l’envers du décor, le côté plus sombre de cette période de l’histoire mais lorsqu’elle le fait, les images sont saisissantes comme celles de la zone, l’immense bidonville à la périphérie de Paris ou les manifestations ouvrières organisés par les premiers syndicats. Dans ce monde nouveau, on pense que la guerre appartient au passé. Personne n’imagine que 14 ans plus tard, cette parenthèse de paix et de prospérité sera ensevelie dans la boue des tranchées. »

J’ajoute que j’ai trouvé ce film remarquable, non seulement par sa performance technique de rajeunissement (sans trahison) et de colorisation d’images d’archives inédites, mais par sa vision lucide d’une complexe époque charnière où germe notre présent. Il nous permet de voir non seulement ce dont nous avons hérité, mais encore et surtout de mesurer ce qu’il restait alors à conquérir dans la marche vers le progrès démocratique et social. Et il nous amène aussi à réfléchir amèrement au mécanisme des rivalités capitalistes et des logiques d’alliances internationales qui plongèrent soudain, et comme à l’improviste, notre nation dans la plus terrible des guerres civiles européennes.
Comment ne pas y penser aujourd’hui où, comme en 14, c’est du côté de l’Est que naît le brasier ? Espérons que, à la différence de 1914, les gouvernements et les peuples auront le sang froid et la sagesse de ne pas le transformer en incendie géant.


[1] Auteurs : Hugues Nancy, Dominique Kalifa. Réalisateur : Hugues Nancy

[2] disponible en replay, et en direct le samedi 23

Messages

  • "d’une société qui aimait par dessus tout rire"
    Corbin vient d’écrire une histoire sur le repos. Une histoire sur le rire serait aussi utile. Il y a des moments où le rire domine et je pense aux années 60 quand les grands joueurs de rugby entraient donc le stade pour rigoler (avec quelques violences à la clef). pour moi les années 60 et 70 furent des moments où on aimait rire mais après avec les années 80 nous sommes entrés dans une période profondément triste et l’appel "aux jours heureux" de Roussel était à contre temps. de plus le rire n’a jamais été partagé de la même façon au nord et au sud de la France. jean paul damaggio

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.