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À propos de "l’étranger", de Camus.

mardi 20 octobre 2020, par René Merle

J’évoquais dans l’article Prix Nobel, à propos d’Annie Ernaux, « l’écriture blanche » du premier Camus.
Du coup j’ai sorti de son étagère mon vieil exemplaire (1957] de L’étranger. J’avais vingt-et-un ans à cette première lecture.
J’avoue ne pas l’avoir relu depuis, tellement l’usage immodéré qui en était fait dans notre enseignement du second degré me laissait dubitatif.
Et je l’ai donc relu, avec le plaisir que l’on éprouve en redécouvrant quelque peu différent un souvenir fort lointain.
Du coup, j’ai eu envie de lire les premières critiques que l’ouvrage avait reçues dans la presse nationale grand public après sa parution en juillet 1942, critiques à chaud qui diffèrent parfois sensiblement des critiques qui suivirent en 1943-1944 dans des revues littéraires.
Pour nous en tenir aux critiques publiées à chaud, je donnerai celle, favorable, de Marcel Arland, et celles, hostiles, d’André Rousseaux et d’Émile Herriot, puis j’évoquerai celle, postérieure et magistrale (pas toujours au meilleur sens du mot), de Sartre.
À noter que presque aussitôt après l’Étranger, Camus publie Le Mythe de Sisyphe.
Cf. : Thierry Maulnier parle de Camus, 1943.

Messages

  • René, vous parlez d’un temps que les moins de 20 ans... etc. Quel lycéen aujourd’hui a lu Camus ? Sinon, puisque l’on parle de réception critique de l’Etranger, je voudrais attirer l’attention ici sur la belle étude de René Girard (encore un penseur à la mode dans les années 70 et que tout le monde ou presque a oublié aujourd’hui) : Pour un nouveau procès de l’Etranger. C’était disponible en poche dans un recueil d’articles intitulé "Critiques dans un souterrain" ; dans le même recueil, on pouvait trouver une autre étude magistrale de ce remarquable lecteur qu’était Girard, cette fois de Dostoievski (qui a nourri la pensée de Camus) : Dostoievski du double à l’unité. Le bouquin n’a pas été réédité, mais on le trouve parfois chez les bouquinistes. Un extrait ici dans le bulletin numéro 55 de la société des études camusiennes : http://www.etudes-camusiennes.fr/wp-content/uploads/2012/04/bulletin055-juil2000.pdf

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