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LFI, de la provocation inutile, et nuisible

lundi 6 mars 2023, par René Merle

J’ironisais (facilement) il y a peu sur la douteuse stratégie de Blacages. Mélenchon l’incorrigible irresponsable, qui, faut d’être reçu en leader maxímo par le monde syndical, se rabattait sur le milieu étudiant et lycéen dont il s’improvisais le guide, au risque de la contre productivité la plus évidente.
Et voilà que les gazettes nous annonçaient hier que le jeune député LFI Louis Boyard, ex chroniqueur d’Hanouna, appelait à un « hashtag Blocus challenge » (sic) incitant lycéens et étudiants à envoyer leurs plus belles photos de blocages avec en prime pour le gagnant (tiré au sort) une visite de l’Assemblée nationale !

J’ai repensé à ce que me disais mon père, communiste, à propos de la réserve (provençale) de son père, ouvrier socialiste, devant l’attitude des communistes des années vingt : « aquelei comunistas, pican tròp fòrt [1] » « ces communistes, ils frappent trop fort »…
Et c’est vrai, même s’ils lui ont permis de trouver un appui minoritaire, le sectarisme et l’agressivité des communistes d’avant le Front populaire les ont coupés , provisoirement, d’un large soutien ouvrier.
Mais, quoi qu’on en puisse penser, cette agressivité sectaire n’était pas qu’une posture dans une période de crise économique et sociale, et de montée du fascisme. Elle était le ferment de la lutte générale.
Aujourd’hui, nos amis LFI nous jouent la même partition de la provocation et de l’outrance. Mais, à la différence des communistes des années 30-40 qui étaient véritablement enracinés dans le monde ouvrier, leurs provocations inutiles, et sans danger (on ne perd pas son salaire en bloquant un lycée) ne peuvent que satisfaire le pseudo romantisme révolutionnaire de petits bourgeois (je n’ai rien contre les petits bourgeois, j’en suis), et, partant, servir au pouvoir sur un plateau la posture de la responsabilité.
J’espère de tout mon cœur que de telles positions ne toucheront pas le mouvement syndical. Mais par exemple, je vois que demain, dans ma ville, la manifestation contre la réforme des retraites doit se terminer par le blocages des deux autoroutes d’accès à la ville, je me demande si l’on ne se trompe pas d’ennemi.


[1] J’ai utilisé ici la graphie classique,dont mon grand-père ne devait pas avoir la moindre idée. Voici la prononciation (en graphie française) : « aquélèï coumunisto, picon troou fouar »