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De la démocratie, si tant est que le mot ait un sens

jeudi 19 décembre 2024, par René Merle

Au vu des errements actuels de nos "élites" politiques qui toutes se réclament de la démocratie et de la République, je reprends ici un article vieux de trois ans déjà.

Démocratie : le « pouvoir » (kratos) du « peuple » (démos) ???

A priori (compte-tenu bien sûr des possibles voire inévitables errements), je fais confiance à la décision du professionnel (médecin, chirurgien, secouriste, ingénieur, artisan qualifié, etc. etc) et je n’ai aucunement envie de soumettre cette décision à ma décision personnelle et encore moins à un vote. Le professionnel sait ce qu’il a à faire, il sait ce qu’il faut faire. Il a été formé pour cela, il a les compétences nécessaires, que je n’ai pas. Ce professionnel décidera donc pour moi, ou, à tout le moins, me proposera la meilleure solution.
Mais, toujours a priori, je ne vois pas pourquoi je ferais confiance au professionnel de la politique qui, dans notre régime de démocratie représentative, ne tire sa légitimité que de l’élection, et non de compétences et de savoirs lui permettant de prendre la bonne décision. Il n’est professionnel que de sa survie d’homme public, acquise par la sincérité ou par la rouerie, peu importe. À la différence du médecin ou du secouriste, rien ne me garantit qu’il saura prendre la bonne décision, même s’il se couvre de la volonté générale.
D’autant que cette volonté dite générale n’est que le fruit baroque de points de vue individuels manifestés dans des circonscriptions électorales extrêmement diverses, dont l’addition constituerait un point de vue majoritaire.
Or, ni dans la façon dont je vais décider de mon point de vue, et dans la façon dont ce point de vue va se fondre dans une multitude de points de vue, si tout relève de l’idéologie, de la pression médiatique et donc du suivisme, rien ne relève de la compétence et du vrai professionnalisme.
Nous acceptons pourtant sans états d’âme que cette incompétence personnelle et collective puisse légitimer l’aptitude du politique à gouverner, à petite échelle (commune, région) et encore plus à grande échelle, comme les pouvoirs exorbitants accordés au sommet à un groupe d’êtres humains, voire à un seul d’entre eux, homme ou femme… Même si ce dirigeant prétend fonder sa légitimité de choix par l’aval de technocrates, pseudos spécialistes de "la gouvernance". Quiconque, en tant que conseiller municipal, a participé à la vie d’une commune, grande ou petite, sait bien quel est le poids de cette "gouvernance" auprès du maire et de ses adjoints. On frémit en pensant à ce que cela doit être au sommet de l’Etat, où ce sont des pseudo "spécialistes" et "experts" qui conseillent, voir prennent les décisions.
Si rien ne nous garanti qu’une décision née d’un vote populaire majoritaire soit vraiment la bonne décision, rien encore moins ne nous garantit qu’une décision prise au sommet par un individu ou un micro groupe d’individus soit vraiment la bonne décision...
Espérons que l’humanité, dans son cheminement, saura trouver comment perfectionner ce système dont Winston Churchill disait : “La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes”.

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