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Émeutes. De la dangereuse irresponsabilité des dirigeants de LFI
samedi 1er juillet 2023, par
Dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon (qui n’appelle pas au calme, mais à la Justice) et dans la bouche de ses disciples exaltés, comme le jeune député Louis Boyard, pour lequel, dixit, nous n’avons pas affaire à des émeutes, mais bien à une révolte, l’incantatoire mot « le Peuple » prend aujourd’hui, plus que jamais, le sens que lui donna la célèbre théoricienne initiale du Líder maxímo, Chantal Mouffe : le Peuple se construit par le seul discours volontariste, et foin des rapports de classe et de la fameuse analyse concrète d’une situation concrète, chère aux vieux marxistes. Il y a la Caste, et il y a le Peuple. Eux et Nous. Et dans cette dichotomie est donc évacuée l’analyse de classe, ou tout simplement l’analyse sociologique la plus sommaire. Et, partant, est évacuée la question du Lumpenproletariat, des déclassés, que le mouvement ouvrier d’antan a toujours fermement condamné. Le fameux Peuple est bel et bien clivé !
Et, sur un autre plan, lourd de conséquences, la condamnation en bloc de la police, dont nous avons pourtant bien besoin, évite d’analyser le rôle de la police dans la défense du pouvoir en place. J’avais déjà souvent parlé de cela au moment des Gilets jaunes, quand j’écrivais :
« Quand un pouvoir ne tient plus que par son appareil d’État, justice, armée, police, qu’il s’en méfie, car conscient d’assurer le salut du régime, cet appareil, et particulièrement les forces répressives, peut s’autonomiser et devenir le maître de celui qui pense le diriger... »
De la part des dirigeants de LFI, une pareille irresponsabilité politique confond, quand on pense à la souffrance que ces incendiaires et pillards soi-disant en révolte infligent aux populations des quartiers dont ils sont issus, et aux énormes bénéfices que l’extrême droite va tirer de ces événements.
On me permettra, au seins de la NUPES, de préférer la position de Fabien Roussel, qui déclare : Quand on est de gauche, on défend les services publics, pas leur pillage ».
Et, au sein de LFI, de préférer à celle de Mélenchon la position de François Ruffin