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Julian Mischi, le communisme désarmé
vendredi 21 octobre 2022, par
Cf. Fin du Parti communiste italien
À la différence du Parti communiste italien, le Parti communiste français ne s’est pas suicidé, mais, depuis François Mitterrand, sa participation à des gouvernements socialistes de plus en plus libéraux l’a réduit à un état presque groupusculaire. Il n’en témoigne pas moins de l’existence en France d’un héritage de luttes pour le progrès social, et il n’est pas dit qu’un vent de renouveau ne soufflera pas un jour sur les braises de cet héritage... Ou alors, le mot "communiste" ne sera plus qu’un souvenir, et, pour les jeunes générations, un terme incompréhensible...
Cf. l’article Des slogans du Congrès de Tours, 1920. et particulièrement les dernières lignes.
En complément, je signale tout l’intérêt de l’ouvrage du sociologue
Julian Mischi, Le communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970, Marseille, Agone, coll. « Contre-feux », 2014.
Tous ceux de ma génération et de cet engagement initial, qui ont vécu les grandes mutations des années 1970, ne pourront le lire sans émotion et reconnaissance. Ajoutons que les tendances que décrit Julian Mischi en 2014 ont été grandement confirmées depuis.
Présentation de l’éditeur :
« Le communisme a autant été désarmé par ses adversaires socialistes et de droite, dans un contexte d’offensive néolibérale, qu’il s’est désarmé lui-même en abandonnant l’ambition de représenter prioritairement les classes populaires.
Analyse du déclin d’un parti qui avait produit une élite politique ouvrière, ce livre propose une réflexion sur la construction d’un outil de lutte collectif contre l’exclusion politique des classes populaires. Cette revisite de l’histoire récente du PCF relève d’un enjeu majeur pour une gauche de plus en plus coupée des groupes populaires.
S’appuyant sur une enquête de terrain et des archives internes, l’auteur montre comment, au-delà des transformations des milieux ouvriers, les classes populaires sont marginalisées au sein du PCF. En traquant toute divergence interne et en changeant continuellement de ligne, l’appareil central provoque des départs massifs de militants. Prêter attention à ce qui se passe à « la base » rend compte des transformations des manières de militer dans un contexte de fragilisation du mouvement ouvrier. »
Présentation de OpenEdition [1] :
« Le Parti communiste français a longtemps mis en avant son ancrage – électoral et militant – au sein des classes populaires. Ambitionnant de se constituer en « parti de la classe ouvrière », l’organisation communiste a permis d’affirmer l’existence de groupes sociaux historiquement exclus des sphères de la représentation politique. Toutefois, l’organisation communiste ne peut être perçue dans une approche transhistorique. Ainsi, le PCF « ouvriériste » des années 1930 n’est pas similaire au parti déclinant des années 1990. Il s’agit donc de comprendre comment s’est progressivement transformé le rapport de l’organisation à ses électeurs et à ses militants. »
[1] On trouvera sur ce site plusieurs extraits de l’ouvrage
https://journals.openedition.org/lectures/15763