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Des mutations de notre société française éclatée
dimanche 5 novembre 2023, par
D’excellents observateurs, notamment Christophe Guilluy, Jérôme Fourquet, Jean-Claude Michéa, mettent en évidence avec pertinence les profondes transformations sociologiques et culturelles de la France contemporaine.
Depuis le Covid, le télétravail généralisé et la fuite géographique qu’il permit, ce que l’on appelle désormais les nouvelles classes moyennes urbaines sont encore plus totalement intégrées à la nouvelle économie libérale, et ce par leurs revenus autant que par leurs modes de vie totalement individualistes et « hors sol », imités des soi-disant élites que dénonçait Lasch il y déjà longtemps [1].
Pour aller vite, l’écart est alors pointé entre ces classes moyennes urbaines et les couches populaires de la France dite périphérique, les fameux « gens ordinaires », qu’à des fins quelque peu électoralistes d’aucuns négligent au profit du peuple immigré mythique des quartiers populaires des grandes villes, et de la capitale en particulier.
Si politiquement ces nouvelles classes urbaines se reconnaissent spontanément et majoritairement dans le macronisme, elles connaissent aussi une fermentation idéologique « de gauche » marquée par la « nouvelle gauche » étatsunienne.
Dans ce cas, à une critique cohérente du système capitaliste que le situation exigerait pourtant, l’on substitue une mise en évidence et une défense agressive de questions « sociétales », réelles ou fantasmées.
Ce qui rend cette gauche intellectuelle totalement en opposition avec le mode de vie et la philosophie spontanée des classes populaires, le « bon sens traditionnel ».
De là à voir, (comme le proposent des essayistes critiques des tenants du genre et de l’écologie purificatrice), dans ces classes populaires de la périphérie et de la ruralité, la possibilité d’une contre culture salutaire de la solidarité quotidienne, de la convivialité et du réalisme qu’exige la survie économique.
Points de vue qui ne vont pas sans une certaine mythification de la réalité populaire, ou plutôt des réalités.
Mais, la logique de notre économie dite libérale était le profit (vendre toujours plus, et vendre souvent n’importe quoi), ces couches populaires ne sont pas préservées du matraquage publicitaire, et de ce qu’il implique comme acceptation du nouveau mode de vie des classes moyennes urbaines.
Les uns sont bien dans le système parce qu’ils en jouissent, les autres y sont mal qu’ils voudraient eux aussi en jouir, mais qu’il n’en ont que l’odeur du rôt publicitaire.
[1] Cf. : Des « élites » déconnectées.