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De Gaulle antisémite ?
lundi 9 octobre 2023, par
La terrible vengeance par laquelle Israël répond au massacre du 7 octobre n’a pas manqué de susciter dans les gazettes mille commentaires sur la nature et l’âme de l’État juif [1].
Beaucoup renvoient à la déclaration du Président de Gaulle, qui, dès l’éclatement de la guerre de juin 1967, condamna Israël pour avoir attaqué.
Prise de position qui fut vivement critiquée dans l’opinion « éclairée » et dans les principaux médias.
Puis, dans une conférence de presse (27 novembre 1967), de Gaulle déclara :
Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles ». “l’an prochain à Jérusalem”…
Ce qui lui valut dans la « bonne presse » (Le Monde, l’Express, le Nouvel Observateur) d’être taxé d’un antisémitisme hérité du maurrassisme de l’entre deux guerres, auxquelles il avait pu se frotter.
Une réaction particulièrement significative à ce propos du Président fut celle du grand dessinateur.Lejzor Mitelberg, alias Tim. La vie de ce Juif polonais avait été peu ordinaire : arrivé en France en 1937, naturalisé, mobilisé, prisonnier, évadé vers Londres en passant par l’URSS [2], compagnon de route des communistes après la Libération…
Avec ce dessin publié dans le Monde (3décembre 1967), sous-titré « Sûr de lui et dominateur », la terrible ombre de la Shoah renvoyait à son néant supposé le propos du Président.
Mais en même temps il occultait la nature du jeune état d’Israël qui, tout en se justifiant d’être un refuge après la Shoah, de laquelle les Palestiniens n’étaient en rien responsables, s’installait sur un sol que lui refusaient ses habitants arabes…
Il semblerait que l’histoire se répète inlssablement depuis 1967…
[1] Le 19 juillet 2018, le Parlement israélien a adopté une loi proclamant Israël comme « État-nation du peuple juif », avec l’hébreu comme seule langue officielle et Jérusalem unifiée comme capitale. Les implantations juives sur le territoire israélien sont considérées comme relevant de l’intérêt national.