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Dissolution et perspectives électorales

mardi 11 juin 2024, par René Merle

Je ne change pas un mot de ce que j’écrivais dimanche soir :
Dissolution. À chaud juste après l’allocution présidentielle.
Je me félicite naturellement aujourd’hui du sursaut unitaire syndical et politique, et j’espère qu’il permettra pour le moins un rééquilibre des forces. Les partis de gauche et les écologistes ont tiré la leçon de la désunion aux en 1933 a permis à Hitler d’arriver au pouvoir avec seulement 33 % des suffrages [1].
Mais, comme je l’indiquais dans l’article de dimanche soir, je ne peux qu’être inquiet devant une unité qui ne serait que de circonstance si elle ne s’appuyait pas sur un programme concret et réalisable, comme le fit le Front populaire en 1935-1936.
Sinon, les lendemains risqueraient à nouveau de déchanter.
J’ajoute que cette unité électorale mériterait un clarté dans l’intitulé des candidats, sous l’égide de ce nouveau Front populaire.
Par exemple, j’ai regretté que le Parti socialiste, qui s’inscrit dans notre histoire, ait cru devoir s’effacer, et quelque peu effacer son sigle, derrière un agitateur politique sans surface.
Par exemple, j’ai regretté que le Parti communiste n’ait présenté sa liste qu’avec une appellation d’union de la gauche, sans faire le moins du monde apparaître le mot communiste. Fabien Roussel, gonflé par des sondages qui saluent sa personnalité, a cru devoir seulement enlacer le candidat sur l’affiche de campagne. On a vu le résultat.
Mais, regrets ou pas, les dés ont été jetés par le dangereux pyromane qui nous gouverne, et dans l’urgence, il faut bien faire avec.
J’ajoute encore que je ne pense pas que crier à la menace fasciste et brader des pancartes anti Fa face aux forces de l’ordre soit très productif.
En Italie, exécrer le souvenir de Mussolini et chanter Bella Ciao n’a pas suffi à enrayer le rouleau compresseur de Fratelli d’Italia et de Mme Meloni.
Cet antifascisme généreux, mais facile, risque de ne pas faire comprendre ce qu’est l’électorat du Rassemblement national. Il risque de ne pas faire comprendre comment en quarante ans un clan familial politiquement lourdement marqué dans ses propos et ses alliances, a pu devenir le premier parti chez les électeurs actifs, ouvriers et employés.
Pas de parades en uniformes, pas de manifestations au pas de l’oie, pas de salut romain devant le Chef... Mais une doucereuse et irrésistible progression qui s’est faite plus dans le bouche à oreille populaire que dans la participation concrète à l’organisation.
Cette progression surfe sur le mécontentement social, le sentiment que tout fout le camp, la conviction que la France perd son âme avec l’immigration massive.
Quel que soit le résultat des élections qui viennent, cette masse de Français ordinaires ainsi trompés demeurera. Comment les désintoxiquer ? À deux reprises, la victoire de la Gauche (Jospin, puis Hollande) a été suivie d’une terrible désillusion devant la politique anti sociale de ceux dans lesquels nous avions mis nos espoirs de progrès démocratique et social. Puissent les leaders actuels de cette gauche en tirer les leçons.

Messages

  • Abreuvé, pour ne pas dire saoulé, par un déferlement de sondages et de statistiques, j’ai eu la curiosité de (re)voir les résultats des élections en nombres de voix.

    Elections présidentielles 2017

    1er tour

    Le Pen : 7 678 491

    2ème tour

    Le Pen : 10 638 475

    Elections présidentielles 2022

    1er tour

    Le Pen : 8 133 828

    2ème tour

    Le Pen : 13 288 686

    Elections européennes 2024

    RN : 7 765 936

    Dans les esprits, par contre, c’est une autre histoire...

    Merci René pour tous les billets.

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