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Investitures. Le coup d’éclat de Jean-Luc Mélenchon.
lundi 17 juin 2024, par
En 1902, devant la crise de son parti, le parti ouvrier social-démocrate de Russie, Lénine écrivait son fameux Que faire ?.
Il plaçait en exergue ce court texte puisé dans les archives du parti social-démocrate d’Allemagne :
« ...La lutte intérieure donne au parti la force et la vitalité : la preuve la plus grande de la faiblesse du parti, c’est son amorphisme et l’absence de frontières nettement délimitées ; le parti se renforce en s’épurant...
(Extrait d’une lettre de Lassalle à Marx, 24 juin 1852.) »
Ferdinand Lassalle et Karl Marx militaient tous deux en 1852 dans la Ligue des communistes (Bund der Kommunisten), créée en 1847 et composée essentiellement d’adhérents allemands. Et Lassalle faisait allusion ici aux graves dissensions entre militants, qui aboutiront à la dissolution de la Ligue en cette même année 1852.
Après Lénine, bien des dirigeants communistes et des dirigeants trotskystes ont repris la formule.
Il semblerait que Jean-Luc Mélenchon vient de faire de même en refusant l’investiture électorale aux anciens de sa garde rapprochée première manière, qui s’étaient permis de critiquer le líder maximo.
Charbonnier est maître chez lui, et, n’étant pas adhérent du mouvement gazeux de Jean-Luc Mélenchon, je me garderai bien de m’impliquer dans cette querelle des investitures.
Tout au plus ai-je constaté, comme beaucoup, que cette décision révèle un tempérament autocratique qui ne fait guère cas de la démocratie interne de son mouvement.
Les ondes de stupéfaction qui s’en sont suivies ont eu pour résultat d’entamer, au niveau des appareils, la dynamique du tout jeune Front populaire.
Mais, comme bien des commentateurs l’ont avancé, Jean-Luc Mélenchon, en vieux renard de la politique, est trop avisé pour commettre impulsivement, dans son hybris, un acte dont il ne pouvait qu’imaginer les conséquences, non seulement dans son mouvement, mais encore et surtout chez ses partenaires du Front populaire.
Peut-être pense-t-il que cette union baroque où la social-démocratie tient une place importante, ne sera pas viable, et, comme son horizon premier est celui de l’élection présidentielle de 2027, préfère-t-il éviter une victoire dont il serait en grande partie éclipsé, tant son nom clive aujourd’hui, et préparer des jours meilleurs.
J’aimerais me tromper.