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De la vieillesse. Sophocle

samedi 9 novembre 2024, par René Merle

Sophocle, Œdipe à Colone, représentée pour la première fois de manière posthume en mars 401 avant J.-C., après la mort de Sophocle en 406.
 [1]

Le Chœur.
Qui prétend éditer le délai de son âge
Au mépris des bornes normales
Se leurre lourdement, selon moi, c’est trop clair :
La longueur de nos jours nous entasse un bilan
Où la douleur l’emporte…Et les joies, où sont-elles,
Dites, pour qui est condamné
A vivre plus qu’il n’était dû ?
Mais le secours, et l’équitable Achèvement
Quand surgit la parque infernale
Nul cantique à ces noces-là,
Et nul son de lyre et nul pas de danse,
C’est la mort pour tout achever !

Rester dans le néant, c’est l’idéal suprême ;
Le second, loin avant tout autre,
Quand on a vu le jour, c’est de s’en retourner
D’où l’on vient, au plus vite ! Une fois écoulée
La jeunesse et son lot de frivoles folies,
Qui donc a su brouiller la piste
Pour fuir la meute des misères ?
Envies, discordes, et batailles et meurtres
Et, comble ultime, détestable,
Débile, délaissée, déchue
De toute amitié, la vieillesse où gitent
Toutes les douleurs les plus douloureuses…


[1] Les Tragiques grecs, traduction Victor-Henri Debidour, La pochothèque, Le Livre de poche, 2003

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