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Hamlet, des signes annonciateurs du désastre
lundi 23 décembre 2024, par
À la charnière des siècles XVI et XVII,
Shakespeare, The Tragedy of Hamlet, Prince of Denmark
Acte I, scène I
HORATIO
A mote it is to trouble the mind’s eye.
In the most high and palmy state of Rome,
A little ere the mightiest Julius fell,
The graves stood tenantless and the sheeted dead
Did squeak and gibber in the Roman streets :
As stars with trains of fire and dews of blood,
Disasters in the sun ; and the moist star
Upon whose influence Neptune’s empire stands
Was sick almost to doomsday with eclipse :
And even the like precurse of fierce events,
As harbingers preceding still the fate
And prologue to the omen coming on,
Have heaven and earth together demonstrated
Unto our climatures and countrymen.
Horatio, ami d’Hamlet, après l’apparition du spectre, au terme de la garde de nuit [1].
C’est la petite poussière qui vient irriter l’œil de la pensée. A l’époque la plus glorieuse de Rome, un peu avant que tombât le tout-puissant Jules César, les tombeaux laissèrent échapper leurs hôtes, et les morts en linceul parcoururent, en poussant des cris rauques, les rues de Rome. On vit aussi des astres avec des queues de flamme ; des rosées de sang, des signes funestes dans le soleil, et l’astre humide sus l’influence duquel est l’empire de Neptune s’évanouit dans une éclipse, à croie que c’était le jour du jugement. Ces mêmes signes précurseurs d’événements terribles, messagers toujours suivis par le Destin, prologue des catastrophes imminentes, le ciel et la terre les ont fait apparaître dans nos climats à nos compatriotes.
Nous ne manquons pas non plus aujourd’hui de signes annonciateurs du désastre...
[1] Traduction de François-Victor Hugo, refondue par Christine et René Lalou, Éditions de Cluny, 1939.