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1851, 1871 et au-delà : du programme électoral à l’acte révolutionnaire, et de l’acte révolutionnaire au réformisme républicain
mardi 14 janvier 2025, par
Suite de 1849-1871, continuité des programmes républicains avancés. Documents
Le programme des démocrates socialistes de 1849-1851, on l’a vu, était un programme tout ce qu’il y a de plus réformiste et réaliste. Il n’avait rien de révolutionnaire.
Mais quand le programme s’empare des masses, et c’est le cas de la propagande des sociétés secrètes de la Nouvelle Montagne peu avant le Coup d’État, il est alors porté par un souffle qui le transcende et qui se transformera en insurrection en réponse à l’étranglement de la République.
Ce souffle était celui d’une foi aveugle dans l’avènement de « la Bonne », la bonne République, qui n’était pas celle des Messieurs, des « Gros », mais celle qui devait apporter aux paysans, aux artisans, voire aux ouvriers, la possibilité immédiate de faire fructifier son bien, ou d’en acquérir un, d’élever ses enfants, dans la liberté et l’égalité.
La répression de décembre 1851 va couper net cet élan spontané et généreux.
Il ne renaîtra pas sous le Second Empire autoritaire, et pour cause, et c’est seulement sous l’Empire libéral que la jeune propagande républicaine radicale, on l’a vu, reprendra et précisera le programme de 1849.
Encore une fois, rien de révolutionnaire dans tout cela : un programme électoral qui n’annonçait pas une révolution.
Mais là aussi, en réponse à deux événements inattendus, la défaite militaire de l’Empire, l’avènement d’une République prête à se donner au Roi, c’est le même torrent de rage et d’enthousiasme qui reprendra ce programme dans le programme de la Commune, et qui le transcendera dans la prise de pouvoir parisienne. Marx dira aussitôt que l’entreprise était vouée à l’échec, mais il n’en saluera pas moins hautement la Geste de ces Communards « qui partaient à l’assaut du ciel ».
L’abominable répression de la Commune va écarter à tout jamais la possibilité d’une action révolutionnaire armée, même si le verbiage révolutionnaire des Blanquistes et des Guesdistes s’obstinera à la rendre nécessaire. Cet élan était à jamais brisé, et la France ne connaîtra plus pareille secousse de guerre civile, cependant qu’un tenace réformisme républicain, puis socialiste, feront progresser les revendications populaires par la voie électorale, en leur donnant une dimension morale d’engagement pour le bien commun.
Châtrée de cette valeur fondamentale, l’action ouvrière pourra s’enfermer dans le corporatisme, comme de son côté la défense des petits propriétaires, paysans et artisans pourra s’en tenir au refus de l’État fonctionnarisé, maître de l’impôt et des taxes…
Il n’empêche, le laboratoire républicain radical de 1849-1871, dans sa pureté originelle, peut toujours irriguer l’espoir d’une République meilleure.