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Rocardien d’un jour, rocardien toujours ?
samedi 5 avril 2025, par
Bonne nouvelle dans la rubrique : « Ceux qui nous gouvernent sans jamais avoir été élus » :
Alexis Kohler quitte l’Élysée.
Nous nous demandions ce que nous allions allait devenir, sans ce génial jumeau proclamé de notre président, depuis 2017 secrétaire général de l’Élysée, et, de fait, capitaine à la barre de notre cher pays, (avec les résultats que vous savez).
Le voilà donc qui s’en va, quelque peu secoué par de mesquines accusations, mais, rassurez-vous, il a aussitôt retrouvé un emploi dans une modeste PME, la Société Générale.
C’est Emmanuel Moulin qui lui succède au Secrétariat Général, un homme dont la fiche Wikipedia vous permettra de réaliser combien il a servi la France, tant à Bercy et ses prolongements que dans le haut secteur privé, tant dans la fonction de conseiller auprès de Mr Sarkozy que dans celle dorénavant de Mr. Macron :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Moulin
Mais remontons aux origines.
Je lis dans la présentation qu’en fait l’Obs de cette semaine :
« Le père spirituel de la deuxième gauche a été la grande passion de jeunesse d’Emmanuel Moulin : À Sciences-Po, il présidait le club Opinions dont faisait partie Alexis Kohler, mais aussi Edouard Philippe. Moulin a même un bureau rue de Solferino ».
Le père spirituel en question était bien sûr Michel Rocard, dont la jeune garde rapprochée fut ensuite celle de celui qui aurait dû devenir notre président, DSK, avant qu’une mésaventure new-yorkaise ne l’en empêche.
De DSK à Macron.
Jeune garde rocardienne qui fut un vivier riche d’avenir. Regardez donc la photo des grands ancêtres de 1993 et essayez de deviner qui est qui. Vous aurez des surprises.
Vivier perpétué dans lequel puisa, tout frais émoulu de la banque Rothschild, le jeune ministre des finances de François Hollande, devenu président « ni droite ni gauche » en 2017. Souvenez-vous de cette photo de 2017 prise à leurs débuts à l’Elysée :
Bref, de Rocard à DSK, et de DSK à Macron, il existe une continuité qui est celle du lien entre le "modernisme" néo-capitaliste financier et la jeune garde rocardienne :
Les socialistes français, le pouvoir financier… et Emmanuel Macron
Il faut bien que jeunesse se passe, dit-on.
On peut douter que les options de jeunesse de MM. les jeunes rocardiens, tous « aux affaires » aujourd’hui, aient disparu.
Ainsi bien conseillé, le président Macron ne mène pas une politique de droite seulement pour sauver sa peau politique dans un très risqué exercice d’équilibre. Il la mène parce que cette politique est l’aboutissement de la politique « rocardienne »qui fut toujours la sienne, et que confirme la nomination de Mr Moulin au poste suprême.
Depuis longtemps, la social-démocratie, pardon, le social libéralisme français [1], a pu se présenter à visage découvert (MM. Jospin, Hollande, etc.) ou a visage masqué (DSK et les avatars du rocardisme). Dans les deux cas, il s’est agi, et il s’agit encore si l’on considère les prétendants actuels à la présidence, comme par exemple Mr. Glucksmann, de servir efficacement le néo capitalisme, sous couvert de réformes sociétales.
[1] Cf. socialistes.