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D’un séjour à l’hôpital et de l’évocation de Lucrèce

samedi 19 avril 2025, par René Merle

Je viens de passer quelques jours à l’hôpital, pour une intervention cardiologique (réussie), histoire de voir le monde par un autre bout de la lorgnette, de se remettre certaines idées en place et d’en chasser d’autres.
D’autant que j’ai profité de ces quelques jours pour relire le Quattrocento, de Stephen Greenblatt, que j’avais présenté sur ce site juste après sa parution en juin 2020.
Cf. : Stephen Greenblatt, "Quattrocento"
Entre autres richesses, et notamment la réflexion sur le destin de la Rome antique et la situation italienne dans la pré-renaissance, ce roman est un hymne à la philosophie d’Épicure, à travers la redécouverte miraculeuse au quatorzième siècle du texte du magistral poème en langue latine (De rerum natura, De la Nature, de Lucrèce (Ier siècle av. J.C.).
Comme je l’écrivais en 2000, après cette lecture :
« Oui, le monde allait devenir moderne avec la lente diffusion de cette vision matérialiste du monde, un monde où les dieux, qui ne l’ont pas créé, n’ont pas à intervenir, un monde sans anthropomorphisme téléologique, sans causes divines et finales, un monde dont l’immanence nie toute transcendance et dans lequel la bonne voie est la recherche du bonheur du corps et de l’âme unis et tous deux mortels, bref un bonheur en rupture avec en rupture totale avec la mortification chrétienne et la crainte de ce qui adviendra après la mort. »
Quoi de mieux à lire dans un hôpital où se jouent la guérison ou la fin…

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