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Prendre le train en marche, mais quel train et pour aller où ?
samedi 23 août 2025, par
Une répression sauvage, la distribution de quelques miettes et le soporifique Grand Débat National avaient eu raison du puissant et spontané mouvement des Gilets Jaunes.
Depuis, notre président avait superbement ignoré l’ampleur du mécontentement populaire mais avait cru se redonner une légitimité avec la calamiteuse dissolution, qui lui a enlevé sa majorité absolue à l’Assemblée en révélant, si besoin était, la division en trois camps politiques rendant impossible une majorité parlementaire. Situation de blocage qui paradoxalement avait permis au Président de dormir sur ses deux oreilles en attendant 2027, non sans sacrifier à la vindicte parlementaire deux premiers ministres (Mme Borne et Mr Barnier) pour passer in fine la mission impossible à François Bayrou. Il pouvait donc enfin se consacrer à un rôle digne de son ego démesuré en assumant plus qu’activement sa fonction constitutionnelle de chef des armées et, de par son domaine réservé, responsable de la diplomatie. Tout en essuyant camouflet sur camouflet de la part de son ami Trump, il s’est posé en dirigeant de l’Europe et en ennemi n°1 de Poutine, au point que le ministre italien lui a conseillé de prendre son casque et son fusil pour s’en aller combattre en Ukraine…
Mais, las, la politique intérieure vient de se rappeler à lui de façon inattendue. Alors que le profond mécontentement populaire semblait s’engourdir dans la résignation, un mystérieux appel à bloquer le pays le 10 septembre pour protester contre la politique de Bayrou s’est répandu comme une trainée de poudre sur les fameux réseaux sociaux, bien relayée par les grands médias nationaux.
Qui dit « mouvement social » dit syndicats. Or les syndicats se retrouvent devant une initiative qui manifestement veut se passer d’eux. D’où leur prudence, que des initiatives de leurs bases peuvent balayer, comme chez Sud par exemple qui s’est rallié au mouvement.
Échaudés par leurs hésitations ou réticences devant le mouvement des Gilets jaunes, dont ils avaient du mal à comprendre la vraie nature, les partis de l’assemblage branlant du Nouveau Front populaire ont cette fois décidé de soutenir. Mais un fois de plus, le Líder máximo de la France Insoumise n’a pas résisté à sa tendance bien affirmée à la récupération. Non seulement il soutient, mais, balayant les syndicats, il appelle fiévreusement à la grève générale pour abattre le gouvernement Bayrou. Le proche avenir nous dira ce qu’il en sera, mais l’on peut douter que l’obsession présidentielle de Jean-Luc Mélenchon sorte renforcée de cette position aventureuse.
Quoi qu’il en soit, la cocotte-minute du mécontentement commence sérieusement à chauffer, mais, en cas d’explosion inattendue, et notre pays en a connu quelques-unes, il est permis de se demander quelle issue politique positive pourra se manifester.
En attendant, même si les mots peuvent sonner creux, je ne peux m’empêcher de penser à cette objurgation du philosophe communiste Gramsci emprisonné à jamais par Mussolini : "Il faut allier le pessimisme de la raison à l’optimisme de la volonté".
Messages
1. Prendre le train en marche, mais quel train et pour aller où ?, 23 août 2025, 21:14, par Pierrot
Je me suis permis d’emprunter à cette immense conscience assassinée, avec d’autres, mais bien vivante, en écrivant "Hérésie et espérance quand même", cela peut-il servir ? Pierrot.