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Issue politique à la crise ?

vendredi 12 septembre 2025, par René Merle

Au lendemain de la journée du 10 septembre qui promettait de bloquer le pays, j’ai reçu avec grand plaisir le commentaire apporté par Michel Parolini à l’article La Troisième Gauche ?, commentaire auquel j’adhère entièrement.
J’y lis in fine : « Quid d’une troisième gauche dans ce contexte ? C’est un relookage qui entretient encore davantage la confusion. Pour mémoire, Glucksmann soutenait une ligne néolibérale très claire à ses débuts en politique. Las ! c’est une écurie qui offre désormais peu de débouchés de carrière. Et pendant ce temps-là s’amplifie la violence qui exprime une colère qui n’a aucune issue politique en perspective. Le spectacle lamentable des minables black-blocs et la vacuité des revendications du 10 septembre en est le symptôme. »
La veille de la journée de blocage, j’écrivais le 9 septembre, dans l’article Exit Bayrou… Et après ? :
« Certes, on nous annonce à grands renforts de médias le blocage du pays, le 10, initiative lancée curieusement anonymement, à laquelle, signe de faiblesse extrême d’autonomie, Verts, socialistes, communistes, se sont empressés de se rallier sans autres garanties, cependant que Jean-Luc Mélenchon se disait prêt à la diriger. »
En effet, au-delà des gesticulations mélenchoniennes, les partis dits de gauche, Verts y compris, en effet, ont cru bon de prendre ce train en marche, train qui ne pouvait aller bien loin faute d’organisation et de vraies perspectives. Ils n’ont donné aucun cap en se contentant de faire de la figuration. Ils ont témoigné ainsi, si besoin était, de leur manque d’assise idéologique et de leur incapacité à susciter et diriger un vrai mouvement populaire alors que le mécontentement est immense.
Pour autant qu’on en sache, la protestation a été surtout urbaine, elle semble avoir mêlé une fraction exaspérée de la jeunesse en galère, des militants fiers de leurs drapeaux, et des citoyens exaspérés. Les grandes villes souvent porteuses de belles manifestations ont été à la hauteur, mais l’on ne sait guère comment a réagi le pays dit profond. Cependant, nombre d’observateurs ont constaté que dans les villes petites et moyennes, les cortèges rappelaient à certains égards ceux des Gilets jaunes.
La journée d’hier, dont l’ex-ministre de l’Intérieur toujours en exercice dit qu’elle a été un échec de l’extrême gauche. Il aurait pu ajouter un grand merci aux irresponsables et aux provocateurs qui ont fait flamber des poubelles à la grande joie des médias friands d’images à détourner le peuple de ce mouvement sans vraies assises politiques.
Le ministre de l’Intérieur s’est aussi félicité d’avoir mis sur pied 80.000 membres des forces dites de l’Ordre, et qui ne sont en fait que le rempart ultime d’un pouvoir vacillant. La trique est là pour nous rappeler qu’il ne faut pas trop menacer ce pouvoir, et qu’il saura taper.
Alors ?
Dans l’article d’hier matin, Macron impopulaire et plus que jamais indéboulonnable. Servitude volontaire ?, j’ajoutais :
« Que faudra-t-il donc faire pour nous délivrer de cette servitude, volontaire du seul fait que la Constitution et son utilisation hyper présidentielle nous oblige à l’accepter, sous peine d’être traités de trublions et d’agitateurs irresponsables ?
Nous sommes dans une situation qui m’évoque à bien des égards celle du début juillet 1789 ».
1789, les partis politiques n’existaient pas, et c’est dans les profondeurs de la population qu’est née la révolte contre les privilèges contre le monarque absolu. Le Dauphiné a lancé le signal, la Provence a donné le « la » [1], et Paris a suivi de façon décisive quand le Roi a voulu se débarrasser des États Généraux [2].
C’est seulement ensuite que les différents courants de l’opinion se sont cristallisés en partis à travers des clubs.
Aujourd’hui, la situation est inverse. Les partis existent déjà, mais ils n’anticipent en rien (j’en excepte les délires de Jean-Luc Mélenchon) l’explosion populaire. Verts, socialistes et LFI ne pensent qu’aux municipales et surtout à l’élection présidentielle. Le RN voit son potentiel électoral grossir et n’a aucun désir de le galvauder dans un mouvement dont il ne profiterait pas.
Reste la colère profonde que s’exprime dans la moindre conversation glanée avec les prestataires de services pour la plupart non politisés, voire indifférents à la politique, que je rencontre dans ma claustration forcée.
Quel sera son débouché, et à qui profitera-t-elle ?

Bon, je vais cesser de jouer au politologue, que je ne suis pas, et passer à autre chose.

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