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Une des leçons de la fête de l’Humanité
jeudi 18 septembre 2025, par
La récente et toujours très populaire fête de l’Humanité vient, s’il en était besoin, d’en apporter une fois de plus, une confirmation de la stratégie quelque peu suicidaire d’un parti toujours présent dans bien des volontés militantes et des structures municipales, mais réduit nationalement à 2% des suffrages.
La fête de l’Humanité était jadis une tribune qui affichait la force et l’originalité du PC.
Mais l’Humanité a depuis longtemps abandonné la faucille et le marteau de son titre, ainsi que la mention : « organe central du Parti communiste français », pour se définir comme « journal fondé par Jean Jaurès ». Il n’a pas pour autant réussi à devenir le grand journal de toute la gauche.
Dans son souci proclamé d’union de la gauche, le journal, se posant en catalyseur généreux d’une gauche éclatée, a invité à s’exprimer les différents leaders du Nouveau Front Populaire.
Ainsi, tout en rendant hommage au Parti communiste (qu’il a toujours considéré comme un utile marchepied à jeter après usage), devant une foule huant le représentant du Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon s’est taillé la vedette, en se posant en chef suprême de la « vraie » gauche face aux socialistes traitres, et en éclipsant le secrétaire du Parti Fabien Roussel, qui n’était plus qu’un orateur parmi d’autres.
J’aimerais que l’on m’explique pourquoi le Parti communiste se tire ainsi une balle dans le pied, en passant quelque peu sous la table au profit du líder máximo qui ne rêve que d’élection présidentielle.
Encore que, comme j’ai quelques pistes, j’y reviendrai bientôt.
Messages
1. Une des leçons de la fête de l’Humanité, 18 septembre 2025, 06:59, par MP
Peut-être parce qu’il n’a plus de communiste que le nom, comme d’ailleurs le parti socialiste n’a plus de socialiste que le nom. Dites-moi donc ce qu’un Ian Brossat ou même un Fabien Roussel ont de communistes ? Même au niveau local, les élus communistes que je connais ressemblent comme deux gouttes d’eau à leurs collègues socialistes ou divers gauche. Leur fond de commerce, ce sont les réformes sociétales diverses et variées. Et la moraline de gauche. Autrefois les marxistes rejetaient toute posture moralisante pour ne s’intéresser qu’à la réalité des rapports sociaux (voir Leur morale et la nôtre de Trotsky). Aujourd’hui l’ensemble de la gauche a délaissé le réel pour s’enfermer dans l’idéologie avec le moralisme qui l’accompagne. Sur le fond, ils ont acté le mot de Tatcher : TINA. Il n’y a pas d’alternative. Le capitalisme (pardon, l’économie de marché) est roi, et il faut faire avec.
Ce qui est savoureux, c’est de voir comment Mélenchon les instrumentalise. Lui n’a pas oublié les leçons de son maître Mitterrand : après avoir pressé le citron, on peut jeter la peau. Si ces gens avaient encore une colonne vertébrale, c’est à coups de pied dans les fesses qu’ils le recevraient. Mais il faut bien se préserver un petit strapontin lors des prochaines élections. Alors on fait le gros dos. C’est ça ou le chômage.
Au fond, on se dit que le parti communiste italien en se sabordant et en devenant parti démocrate de gauche a été plus honnête. Honnête, un mot qui n’existe pas dans le lexique des politiciens français.