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Ceux qui pensent pour nous, pauvres démunis
lundi 15 décembre 2025, par
J’évoquais récemment, à propos de la menace de guerre, la position sur la guerre d’un de nos plus médiatiques intellectuels institutionnalisés [1], qui nous prouve une fois de plus s’il en était besoin, que quand ces spécialistes parlent hors de leur spécialité, ils sont le plus souvent les reflets et les tenants de de l’idéologie dominante.
Dans cette période anxiogène, ils jouent pour la classe moyenne éduquée et cultivée le rôle que jouent les fameux influenceurs des réseaux sociaux auprès de la jeunesse populaire.
Dispensateurs de présumées vérités, qu’il est si gratifiant d’écouter et de suivre, quand le libre-arbitre personnel et la capacité de jugement s’effacent devant le prestige de la parole reçue et le plaisir de se ranger du côté de ceux qui savent, ou du côté de ceux qui friment.
[1] Cf. : La guerre ? Mea culpa….
Messages
1. Ceux qui pensent pour nous, pauvres démunis, 16 décembre 2025, 08:46, par MP
Hum. Même quand il parle dans sa spécialité, Cyrulnik est le reflet des tenants de l’idéologie dominante. Ce n’est pas tout à fait par hasard que le concept de résilience - si c’est un concept scientifique, ce qui reste à prouver - apparaît à une époque où, sous la férule du nouveau management, les travailleurs sont appelés à être plus souples, plus plastiques, à intégrer les nouvelles normes et les nouvelles exigences, et surtout à intérioriser des problématiques qui jusque-là leur restaient extérieures : je suis responsable de ce qui m’arrive, c’est à moi de m’adapter. Voir à ce propos les travaux anciens mais toujours pertinents de Christophe Dejours, en particulier Souffrance en France. Déplacer du terrain social à la psychologie les problèmes et les conflits, voilà une très bonne affaire pour les dominants. Pour de multiples raisons, mais d’abord et avant tout parce que l’individualisation permet d’isoler les acteurs sociaux et rend plus difficiles leurs tentatives de s’organiser. Si, de plus, l’idéologie peut s’autoriser de discours pseudo-scientifiques - en lieu et place de la religion des siècles précédents - quelle aubaine ! Ainsi s’explique le décalage entre l’intérêt scientifique réel de leurs travaux, et l’omniprésence médiatique de certains intellectuels dans le genre Cyrulnik.
C’est la grande puissance de la dialectique. En proférant l’erreur, on dit la vérité. En s’exprimant dans un domaine où il n’a aucune compétence, Cyrulnik révèle en creux la vérité du discours où il semble avoir quelque compétence.