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Bal chez Temporel
samedi 10 janvier 2026, par
J’étais hier près de ma fille, dans la grand-salle de l’Ehpad où elle se survit. Tout était calme. La boite à musique diffusait du musette, puis ce fut Guy Béart, et, en bouffée de nostalgie, ce Petit bal chez Temporel que j’avais entendu pour la première fois sur mon petit poste, lors de sa sortie en 1957. J’avais 21 ans.
https://youtu.be/oK9piEnd_mo?si=hxS8NwPomHLXiXWG
Messages
1. Bal chez Temporel, 10 janvier, 10:13, par Dubois Jean Michel
"Aux bonheurs qui sont passés par là" dans "Le petit bal perdu".
1. Bal chez Temporel, 11 janvier, 08:57, par merle
Ah j’aime beaucoup aussi
https://renemerle.com/spip.php?article3201
2. Bal chez Temporel, 13 janvier, 16:52, par MP
Oui. Très belle chanson. Le texte est du poète André Hardellet. Qui se souvient de ce nom ?
Recherches faites, le disque serait sorti en 1958. Vrai ?
Dans ces années-là, la chanson française est à son plus haut. Et les chanteurs, qui sont eux-mêmes souvent poètes, n’hésitent pas à mettre en musique les poètes, parfois leurs contemporains. Du même Guy Béart, on connait La chabraque, sur un texte de Marcel Aymé.
Rimbaud, Baudelaire, Verlaine, Paul Fort, mais surtout Aragon vibrent sur les microsillons. Ferré fait découvrir le poète médiéval Rutebeuf, en trafiquant un peu ses textes. Brassens découvre sur les quais un poète parfaitement inconnu, Antoine Pol, qui lui donne l’occasion d’écrire sa plus belle chanson : Les passantes.
Tout cela a disparu. Comme chantait le regretté Julos Beaucarne (avec cette différence qu’aujourd’hui le chanteur mécanique s’appelle internet) :
Mettre une thune dans l’ chanteur mécanique
Vas-y, Frédéric
Au bistrot du coin
Le p’tit rond tourne, c’est vraiment très pratique
C’est beau l’électronique
Edison, merci bien
Parfois, c’est une bande de coyotes
Qui chante et crachote
Des sons qui rapportent
La machine grince et cahote
Y a rarement des gavottes
Mozart est à la porte
Où sont les bardes, les troubadouriens
Qui couraient les chemins
Avec leurs mandolines ?
Ils sont réduits à vivre comme des chiens
Et sont comptés pour rien
Ils courbent l’échine
Avant eux, on voit les dompteurs
Les montreurs de filles et les montreurs d’ours
Les gens n’écoutent plus qu’avec les yeux
Bouge donc un peu, mon vieux
Tu seras coté en bourse
Les inventeurs, les p’tits artisans, les indépendants
N’ font plus qu’ des cul-blancs
Ils deviennent des p’tits fonctionnaires
Vivent une vie d’ pépères
Leurs rêves sont en l’air
Car les écus aussitôt venus
Sont vite perdus
Les idées s’envolent
Les percepteurs commencent par le beurre
Puis étouffent le cœur
Le génie s’étiole
Les Ronsard qui vivent aujourd’hui
Vont voir si leur rose en papier se fane
Leurs mijaurées sous leur parapluie
Font des minauderies
Leur cœur est en panne
Où est donc la vieille liqueur, la pierre philosophale, la douce ambroisie
Les arbres inventent heureusement toujours
Leurs feuilles aux beaux jours
Pour eux, c’est ça la vie