Accueil > Histoire, de la Préhistoire à aujourd’hui > XIXe siècle (jusqu’en 1914) > Insurrection de 1851 > Martin Bidouré fusillé trois fois

Martin Bidouré fusillé trois fois

vendredi 20 février 2026, par René Merle

Cet article a d’abord été publié sur le site de l’Association 1851 :
http://www.1851.fr

Il y a 26 ans, je publiais dans le Bulletin de l’Association 1851 un article consacré à Martin Bidouré, « fusillé deux fois », et figure emblématique de l’insurrection républicaine varoise de décembre 1851.
https://1851.fr/hommes/fusille_deux_fois/
Mon propos d’aujourd’hui n’est pas d’approfondir cet article, mais de de s’interroger sur la perpétuation et l’efficacité de cette mémoire (inscrite dans l’odonymie de si nombreuses localités varoises, grandes et petites), au regard de l’évolution politique de ce département qui, sous la Troisième République, avait souvent été qualifié de « Var rouge ».
Au second tour de l’élection présidentielle de 2022, Madame Le Pen a obtenu la majorité absolue dans 7 circonscriptions. Seule la 1ère circonscription (Toulon) a donné une très courte majorité au candidat Macron.
Au second tour des élections législatives de 2022, sur les 8 circonscriptions varoises, 7 ont donné la majorité absolue au Rassemblement National.
Seule la 1ère circonscription (Toulon) a élu, de justesse, un candidat de droite reconverti LaREM.
Il n’est pas question ici de se lamenter sur la spectaculaire évolution politique de la gauche à la droite que le Var a connue depuis la seconde moitié du XXème siècle.
J’en avais traité déjà en 2005 à la demande du sénateur socialiste Pierre Yves Collombat :
« Du Var rouge au Var… (Vous avez le choix de la couleur) » :
https://renemerle.com/spip.php?article2049
Dans cet article vieux de 20 ans, j’évoquais le passage progressif d’une gauche oublieuse de ses principes à une droite affairiste (pour ne pas dire plus), et je pointais les débuts déjà impressionnants du Front national dans certaines communes.
Celles et ceux qui ont participé à la création de notre Association se souviendront sans doute qu’elle procédait d’un sursaut républicain devant la victoire du Front National aux élections municipales toulonnaises de 1995.
Aujourd’hui, le Rassemblement national est hégémonique dans le département, dominant une droite massivement ralliée au macronisme, et par là même quelque peu déconsidérée.
Bien décidée à reconquérir la mairie de Toulon, une députée RN vient d’ailleurs aujourd’hui d’installer son local de campagne (à deux pas de la place Martin Bidouré !) en affirmant sa certitude d’être élue.
Dans l’active célébration du cent-cinquantième anniversaire de l’Insurrection, qui toucha tant de communes varoises, nous n’imaginions pas vraiment cette déferlante RN, et la réalité a dépassé nos craintes.
Notre Association n’a certes pas vocation à intervenir en tant que telle dans les débats politiques d’aujourd’hui. Et je ne m’exprime ici qu’à titre personnel, et non pas en Président d’honneur de l’Association 1851.
Mais il n’est pas vain de rappeler que l’Association s’est fondée sur la fidélité aux idéaux des insurgés républicains de décembre 1851 : le refus du pouvoir personnel, l’espérance d’une vraie République démocratique et sociale.
Refus du pouvoir personnel ?
Lors de l’hommage aux combattants du débarquement de Provence d’août 1944, à Bormes-les-Mimosas, le 17 août 2024, le Président de la République a ainsi évoqué les résistants varois :
« Ils furent ces héros des Maquis du Var, terres républicaines dont la majorité des Parlementaires refusèrent le vote des pleins pouvoirs, pays des insurgés de 1851 et de Georges Clemenceau, vibrants de l’idéal des Lumières. »
C’était bien la première fois que depuis son élection en 2017, le Président évoquait cette Résistance de 1851 au pouvoir personnel. En l’occurrence, il avait bien lu les fiches qu’on lui avait obligeamment fournies. Mais, et je le répète, je ne m’exprime ici qu’à titre personnel, je ne peux m’empêcher de penser à la façon dont, depuis 2017, le président a transformé la fonction présidentielle en pouvoir personnel, en utilisant à deux reprises le face à face avec Mme Le Pen pour se faire élire et réélire. Bien utile Rassemblement National…
Est-il possible aujourd’hui de célébrer les Insurgés de 1851 sans condamner cette dérive anti-républicaine ?
Quant à la République démocratique et sociale, c’est à chacune et chacun de nous, citoyens, faire en sorte qu’elle ne soit pas qu’une formule creuse pour les discours électoraux qui nous inonderont dans la perspective de l’élection présidentielle à venir.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.