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Élections municipales 2026

samedi 7 mars 2026, par René Merle

J’ai très souvent sur ce site traité de la réalité communale, du rôle important qu’elle a joué dans notre histoire et dans les progrès de la démocratie.
Je vous renvoie par exemple à l’allocution que j’avais prononcée à l’invitation des maires ruraux de ma Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le 10 mai 2003 :
Cf. : De l’enracinement communal dans notre vie nationale, et de son rapport à la démocratie.

Je n’en suis que plus mal à l’aise pour exprimer ici mon peu d’enthousiasme devant les élections municipales qui approchent, et qui sont, nous dit-on, après l’élection présidentielle, les élections préférées des Français, de par la proximité des candidats et des enjeux locaux concrets impactant la vie des habitants.
Aujourd’hui, il faut vraiment avoir envie d’être maire (ah, les petits pouvoirs...), ou être profondément dévoué à la chose publique pour s’engager dans cette galère…
Car chacun sait, ou devrait savoir qu’aujourd’hui les communes, désormais privées par l’État de fiscalité autonome, ont bien du mal à couvrir les dépenses de fonctionnement et surtout les dépenses d’investissements qui facilitent la vie du plus grand nombre en contribuant à la satisfaction des besoins sociaux, sportifs, culturels, etc. Place au privé, qui se substitue de plus en plus à elles dans la gestion du service public.
Car chacun sait aussi (ou devrait savoir) que les regroupements communaux ont créé un échelon décisionnel non élu, qui risque de vider de sa sève démocratique la vie communale, s’il n’est pas mis au service d’une vraie coopération et non pas au service, encore une fois, de puissants intérêts privés.
Pas étonnant que nombre de maires, et avant tout de maires ruraux, envisagent de ne pas se représenter, d’autant que leur responsabilité au quotidien les engage dans une insécurité judiciaire.
Ce qui, en dehors des vraiment petites localités, n’empêche pas les candidats de se bousculer.
J’en ai la preuve avec les prospectus électoraux que je reçois, car nous voici déjà en campagne électorale, avec tout ce que cela suscite de rivalités politiques et personnelles, le cadre municipal atténuant souvent les premières au profit des secondes.
Dans les grandes villes, la couleur politique est toujours et encore discriminante. Mais dans les villes de moyenne importance, elle se dissimule sous la floraison de slogans plus alléchantes les uns que les autres. Dans la ville où j’habite, 180.843 habitants en 2025, une des candidatures de droite disparaît sous l’étiquette : « Je veux le meilleur pour Toulon » et avance son slogan "Toulon en grand". L’autre liste de droite s’en tient à « Toulon mon parti ». « Le renouveau pour Toulon », c’est tout bonnement la liste du Rassemblement national, qui n’affiche même pas la mention de RN, alors que la candidate tête de liste est députée RN. Dans cet embrouillamini, chacun reconnaîtra les siens, s’il en a encore.
De l’autre côté, on a « Toulon en commun », accompagné du titre : « Gauche, écologistes, progressistes, citoyens, régionalistes, rassemblés ! »
qui laisse planer le mystère sur le contenu réel des étiquettes. Seuls les initiés comprendront.
Mais voici qu’arrive LFI avec son slogan : « Toulon pour toutes et tous »...
Ouf, Dieu reconnaîtra les siens, comme on disait jadis.
Mais que tout ceci ne vous empêche pas d’accomplir votre devoir électoral, si vous en avez envie.

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