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De la précipitation des Belles Âmes
samedi 11 avril 2026, par
Les mois derniers nous ont offert deux exemples de la précipitation des Belles Âmes, précipitation démentie par les faits, qui révèle une ingénuité ou plutôt un regrettable a priori idéologique.
Ainsi, le 17 février, à l’initiative de Éric Ciotti et de la conférence des présidents, et avec l’aval de Mme Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée, une minute de silence a été observée par l’Assemblée nationale [1], cinq jours après l’agression mortelle du militant d’extrême-droite Quentin Deranque.
Las, le 12 mars, Mediapart révèle le contenu sur la plateforme X de messages anonymes mais attribués à celui-ci, messages racistes, antisémites, anti-arabes, anti-noirs, anti-avortement, et faisant l’apologie du nazisme
Le 13 mars, la présidente prend acte :
Autre exemple de précipitation regrettable, l’apologie de Boualem Sansal, dont l’emprisonnement en Algérie avait suscité une vague de soutiens à cet écrivain présenté comme le porteur et le défenseur des valeurs universelles de démocratie.
Ce qui lui valut dès sa libération d’être élu à l’Académie française.
Las, abandonnant son éditeur historique Gallimard qui l’avait si fermement soutenu, de Boualem Sensal passe à Bolloré. Et l’on peut lire dans le Monde du 7 avril :
« La liesse aura été de courte durée. Passé les manifestations de soulagement qui ont entouré la libération de Boualem Sansal, sorti en novembre 2025 de la prison où le régime algérien l’avait enfermé pendant un an pour délit d’opinion, l’image de cet écrivain s’est brouillée au fil des semaines. De martyr de la liberté d’expression, défendu par des dizaines de personnalités aux profils politiques divers, Boualem Sansal s’est progressivement révélé sous un autre jour : une figure ambivalente, pour ne pas dire ambiguë, dont les postures fluctuantes et les déclarations dans plusieurs médias proches de l’extrême droite désorientent jusqu’à ses proches.
Bien connu pour son opposition au pouvoir algérien et sa dénonciation sans concessions de l’islamisme, l’homme avait toujours charmé par son sourire malicieux, sa liberté de parole et son talent littéraire. Après tout, pensaient ses amis, c’est un dissident qui a le courage de s’exprimer. Mais aujourd’hui, face à ce qui ressemble de plus en plus à un glissement vers la droite radicale, les mêmes voient remonter un flot de phrases anciennes et troublantes, notamment ses prédictions apocalyptiques sur les menaces d’islamisation pesant sur la France et sa critique acerbe du pays dont il a acquis la nationalité en 2024. Désolés, voire « cassés » pour l’un de ses amis proches, ils se demandent désormais quel est le vrai visage de Boualem Sansal. »
[1] Seule une députée écologiste est restée assise
