La Seyne sur Mer

Accueil > Religions, croyances > Spinoza. Du zèle religieux et de l’utilisation de la "parole divine" par les (...)

Spinoza. Du zèle religieux et de l’utilisation de la "parole divine" par les théologiens

dimanche 21 avril 2019, par René Merle

Par les temps qui courent, il n’est sans doute pas inutile de relire Spinoza :
Traité théologico-politique, 1670. Traduction du latin par E.Saisset, édition de 1842.
Chapitre VII - « De l’interprétation de l’écriture »

« On ne cesse de répéter que l’Écriture sainte est la parole de Dieu, et qu’elle enseigne la véritable béatitude et la voie du salut ; mais au fond on est très éloigné de penser sérieusement de la sorte, et il n’est rien à quoi songe moins le vulgaire qu’à conformer sa vie aux enseignements de la sainte Écriture. Ce qu’on nous présente comme la parole de Dieu, ce sont le plus souvent d’absurdes chimères, et sous le faux prétexte d’un zèle religieux on ne veut qu’imposer à autrui ses propres sentiments. Oui, je le répète, ça a été de tout temps le grand objet des théologiens d’extorquer aux livres saints la confirmation de leurs rêveries et de leurs systèmes, afin de les couvrir de l’autorité de Dieu. Pénétrer la pensée de l’Écriture, c’est-à-dire du Saint-Esprit, il n’y a rien là qui excite en eux le moindre scrupule ou qui puisse arrêter leur témérité. S’ils ont une crainte, ce n’est point d’imputer quelque erreur au Saint-Esprit et de s’écarter de la voie du salut ; c’est uniquement d’être convaincus d’erreur par leurs rivaux, et de voir ainsi l’autorité de leur parole affaiblie et méprisée. »

Répondre à cet article

| Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | SPIP