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Le Parti ouvrier français et l’affaire Dreyfus, 1898

mardi 12 mai 2026, par René Merle

Depuis la création de ce site, j’ai insisté sur la distinction nécessaire à faire entre le mouvement républicain qui s’affirma sous la Monarchie de Juillet (et évidemment au-delà) et le mouvement ouvrier naissant, républicain lui-aussi, mais dont la visée transcendait la République démocratique (celle des Républicains petits-bourgeois et bourgeois) par l’exigence d’une République démocratique et sociale.
L’autonomie initiale du mouvement ouvrier avant le Second Empire. République démocratique ou République démocratique et sociale ?
Je ne prétendrais en rien faire là œuvre originale. Je ne faisais là que rejoindre des penseurs comme Jean-Claude Michea, et bien d’autres. Ainsi cet article de Michea en 2016 :
https://www.les-crises.fr/jean-claude-michea-la-gauche-doit-operer-un-changement-complet-de-paradigme/

Au début de la Troisième République, la naissance du Parti ouvrier (1882), parti révolutionnaire marxiste [1], devenu Parti ouvrier français (1893), s’inscrit dans cette dichotomie affirmée que partagent aussi certains courants socialistes, comme les Blanquistes.
Cette dichotomie est bien moins affirmée, voire niée, dans l’autre aile du socialisme naissant, celle des « socialistes indépendants », dont Jean Jaurès, entré en socialisme à partir de 1892, est la figure majeure.
L’affaire Dreyfus, à son début, fut la pierre de touche de cet écartèlement entre les deux socialismes.
Zola publie son fameux « J’accuse » dans l’Aurore du 13 janvier 1898.
Jaurès, d’abord hésitant, devient progressivement dans les mois suivants un défenseur de Dreyfus.
Par contre, Guesde et le POF, s’en tenant à la défense des intérêts du prolétariat, refusent dans un premier temps de s’engager du côté des Dreyfusards.

On lira ci-dessous la déclaration donnée en première page du nouvel organe du POF, le Socialiste du 24 juillet 1898.

À ce propos, dans mes recherches sur la place du provençal dans la presse varoise (publiées en 1996), j’avais relevé cette position de non intervention prolétarienne dans l’Affaire, dans une feuille toulonnaise quelque peu libertaire :
https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article906


[1initié par Jules Guesde et Paul Lafargue : aucun des deux n’était ouvrier, pas plus que Marx leur mentor

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