Accueil > Histoire, de la Préhistoire à aujourd’hui > À propos du Roman national
À propos du Roman national
lundi 18 mai 2026, par
Cf. : Le poids des morts
On nous bassine avec le regretté Roman national, base de l’intégration et de l’endoctrinement patriotique et quelque peu nationaliste sous la Troisième République, que l’Éducation nationale aurait abandonné, laissant les écoliers dans un méli-mélo fortement illustré où ils ne trouvent plus guère le sentiment, et encore moins la fierté d’être Français. C’est notamment la chanson du RN.
Dans ce registre, signalons l’amateurisme dangereux auto-historiens trop souvent médiatisés, à la Lorant Deustch, qui se couvrent du « Roman national » pour diffuser une hagiographie réactionnaire [1], dans la lignée du Puy du Fou.
On ne peut parler de « Roman national » sans évoquer le poids de l’appareil idéologique d’État sur la connaissance historique, poids évident en ce qui concerne les régimes autoritaires ou dictatoriaux : ainsi de l’utilisation officielle mussolinienne de la gloire de Rome pour justifier la sauvage colonisation italienne en Afrique, ainsi des palinodies pétainistes sur les Francs et les Gaulois [2]). Pensons aussi à la difficulté du monde historique espagnol devant l’obstination officielle à faire des conquêtes américaines une victoire de la Hispanidad [3].
Mais l’État français actuel y met aussi du sien.
Au regard des interventions brutales et démagogiques du Président Sarkozy [4], qui n’avait pas hésité à se couvrir de la gloire des Glières et du martyre de Guy Môquet, les orientations du Président Macron peuvent sembler judicieuses et œcuméniques : sa politique de panthéonisation en témoigne. Mais le diable se cache dans les détails.
Passons sur son ignorance de l’histoire de la réalité linguistique française[1512] qui n’est pas sans conséquences sur sa vision erratique actuelle de notre langue.
Mais pointons quelques incidentes révélatrices.
Par exemple, son hommage ambigu au maréchal Pétain :
https://www.publicsenat.fr/actualites/non-classe/macron-justifie-de-celebrer-petain-grand-soldat-malgre-des-choix-funestes-135202
Ou encore sa condamnation implicite de la commune de Paris :
https://www.commune1871.org/nos-actualites/vie-de-l-association/2018/152-macron-heritier-des-versaillais
Il est intéressant de lire sur tout cela le remarquable article de Marc Olivier Baruch : https://www.politika.io/fr/article/emmanuel-macron-lhistoire-france
Mais au-delà de ces macronades, il faut nous interroger sur les traitements biaisés de notre histoire au hasard (?) des interventions de nos dirigeants politiques et des médias qui les reçoivent, et de la façon dont nos historiens médiatisés les acceptent, ou les corrigent.
Raison de plus pour que tout citoyen intéressé par notre histoire nationale, inséparable de la grande histoire, cherche à se forger une image du passé qui lui rendrait plus intelligible le présent.
[1] https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-rue89-culture/20131006.RUE9210/les-historiens-hurlent-lorant-deutsch-cartonne.html
[3] Cf. : El dia de la Hispanidad.