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Maîtres et possesseurs de la nature ?

lundi 27 mai 2019, par René Merle

Quand la notoriété de la romancière sert la cause de notre survie

Vous pouvez lire sur ce site un extrait du Prométhée enchaîné (entre 462 et 459 ?) d’Eschyle :
Prométhée, naissance de la civilisation. La vision d’Eschyle du passage de la préhistoire à l’histoire.
Le tragédien, en remuant dans l’inconscient collectif l’empreinte des temps préhistoriques, (quand les groupes de chasseurs-cueilleurs n’avaient pas encore découvert l’élevage et l’agriculture), y exaltait l’avènement de la civilisation grâce à la grande révolution du Néolithique, quand, spontanément ou par contagion, ces hommes qui se servaient de la nature commencèrent, comme l’écrira Descartes, à en être maîtres et possesseurs [1].
Cette bénéfique possession de la nature, aujourd’hui exaspérée par un capitalisme mondialisé à la recherche du seul profit, nous mène droit dans le mur de l’épuisement des ressources naturelles, dans l’extinction de la plupart des espèces, et, à terme, de la nôtre.

Alors que les politiques de tous bords, plus ou moins par sincérité, plus ou moins par opportunisme, se peignent en vert, Fred Vargas vient de lancer un brulot plus que bienvenu pour réveiller les consciences avant qu’il ne soit trop tard : L’humanité en péril (Flammarion). Nous sommes là dans la sincérité absolue, bien loin des récupérations politiciennes.
Allez-y voir.

Par ricochet, et bien m’en a pris, cette prise de position de la célèbre romancière m’a entraîné dans la relecture de quelques uns de ses ouvrages et la lecture du dernier,Quand sort la recluse, 2017, histoire de retrouver avec grand plaisir son policier atypique et son groupe qui nous sont devenus si heureusement familiers, dans cet écheveau de pistes saupoudré d’humour, sur fond d’humaine nature…

Notes

[1Descartes écrit dans son Discours de la méthode : « Mais, sitôt que j’ai eu acquis quelques notions générales touchant la physique, et que, commençant à les éprouver en diverses difficultés particulières, j’ai remarqué jusques où elles peuvent conduire, et combien elles diffèrent des principes dont on s’est servi jusques à présent, j’ai cru que je ne pouvois les tenir cachées sans pécher grandement contre la loi qui nous oblige à procurer autant qu’il est en nous le bien général de tous les hommes : car elles m’ont fait voir qu’il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie ; et qu’au lieu de cette philosophie spéculative qu’on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connoissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connoissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. »

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