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Aux origines de l’interdiction du Parti communiste

vendredi 31 mai 2019, par René Merle

Un Diktat qui écartait l’URSS

J’ai récemment évoqué sur ce blog l’attaque d’un commentateur sportif qui s’est cru autorisé à avancer que les communistes avaient collaboré avec les nazis.
Mon père a collaboré avec les nazis
La ficelle est un peu grosse, et le Parti communiste est assez grand pour se défendre tout seul, (d’autant qu’il a d’autres chats à fouetter par les temps qui courent), mais je voudrais quand même verser au dossier quelques éléments de réflexion.
Les premiers concerneront l’interdiction du parti communiste que j’évoquais dans un récent article.
République et interdiction de Partis non républicains
Je vais donc y revenir en apportant quelques documents.

À la racine de ce triste épisode, il y a l’accord de Munich (29-30 septembre 1938), signés par l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume uni, qui permettait à l’Allemagne d’annexer les territoires tchèques de langue allemande (Sudètes) et, partant, de mettre à mort la Tchécoslovaquie [1].

L’URSS, avec laquelle la France était formellement liée par un pacte d’assistance mutuelle (1935) avait été écartée de la rencontre, et la Tchécoslovaque, intéressée au premier chef, n’avait pas été invitée. De cet affront, et du résultat du diktat, l’URSS, alliée de la Tchécoslovaquie tira la conclusion que les alliés français et anglais n’étaient pas fiables, et qu’il lui fallait dorénavant assurer seule et à sa façon sa défense contre le Reich. Le pacte germano-soviétique était en germe.

À l’exception du parti communiste qui s’y opposa vigoureusement, et souligna que cette reculade ne ferait qu’encourager Hitler à pousser d’autres pions, ce diktat fut approuvé par tous les partis politiques français, qui voyaient dans cette grave concession aux Nazis la garantie d’une paix durable. L’opinion suivit et Daladier [2], signataire français, fut acclamé à son retour.
Cette fracture entre les partis du Front populaire entraîna la mort d’une entente déjà chancelante.
Un an plus tard, au lendemain du pacte de non agression germano-soviétique, le Parti communiste français était dissous. J’y reviendrai donc avec quelques documents.

Notes

[1La Tchécoslovaquie sera annexée par l’Allemagne en mars 1939, sans que réagissent autrement que verbalement les Français et les Britanniques. L’URSS avait promis son secours à la Tchécoslovaquie, mais la Pologne s’opposa à tout passage des troupes soviétiques

[2Président du Conseil, radical

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