Accueil > Bibliographie. Écriture personnelle. Souvenirs personnels. > Souvenirs musicaux > Hommage à Charb (obsèques) - L’internationale - Dirty Old Town, La célèbre (…)
Hommage à Charb (obsèques) - L’internationale - Dirty Old Town, La célèbre chanson de Ewan MacColl. Le quotidien des exploités
dimanche 25 octobre 2020, par
Je garde au cœur le souvenir des obsèques de Charb, (vous pouvez retrouver une vidéo sur youtube).
L’Internationale, chantée en russe (version que Charb préférait), accompagna l’entrée du cercueil, comme pour répondre par ce chant de combat prolétarien international à cette internationale religieuse fanatique qui l’avait assassiné, avec ses compagnons de Charlie.
L’Internationale fut le premier hymne officiel de l’Union soviétique, foyer initial de la IIIe internationale communiste. Les organisateurs des obsèques ont préféré la version bolchevik d’un chant qui fut celui de tout l’éventail révolutionnaire français depuis les années 1890 : socialistes collectivistes, syndicalistes révolutionnaires, libertaires... Sur la naissance du texte de Pottier en 1871 et de sa mise en musique en 1888, cf. : La Commune et "l’Internationale" d’Eugène Pottier. L’Internationale a été ensuit abandonnée en 1944, en pleine terre patriotique contre l’envahisseur nazi, au profit d’un nouvel hymne strictement national, ancré dans l’isolement forcé de l’URSS.
Les temps ont changé et le camarade KGB Poutine préfère les chants liturgiques orthodoxes...
Personnellement, et pas seulement parce que je ne comprends pas le russe, c’est toujours dans la version française de Pottier que j’aime écouter ce chant dont les paroles en disent tant :
Puis c’est Dirty Old Town qui accompagna le départ du cercueil, en hommage poignant à ce prolétariat britannique, éternel exploité et toujours combatif, mais brisé par le tandem de la conservatrice dame de fer et du travailliste traitre et criminel de guerre… Hommage aussi à tous les exploités, relégués dans les quartiers sans joie et sans avenir…
Dirty Old Town est l’œuvre [1949] de Ewan MacColl (1915-1989), de Salford, Lancashire, dans le Nord industriel de l’Angleterre : chanteur, compositeur, homme de théâtre engagé (il fut militant des Jeunesses communistes britanniques dans les années 1930), fan de folk song et de ballades populaires, il a chanté l’Angleterre prolétarienne, nourrie notamment d’immigrations irlandaise et écossaise. Dirty Old Town est dans ce registre sa chanson la plus connue, dans laquelle tous les enfants des cités industrielles du monde anglo-saxon ont pu se reconnaître.
The Pogues – Dirty Old Town
I met my love by the gas works wall
J’ai rencontré mon amour près du mur de l’usine à gaz
Dreamed a dream by the old canal
J’ai fait un rêve près du vieux canal
Kissed my girl by the factory wall
Embrassé mon amie près du mur de l’usine
Dirty old town
Vieille ville sale
Dirty old town
Vieille ville sale
Clouds are drifting across the moon
Les nuages défilent devant la lune
Cats are prowling on their beat
Les chats rôdent extenués
Spring’s a girl in the streets at night
Le printemps est comme une fille dans les rues le soir
Dirty old town,
Dirty old town
I Heard a siren from the docks
J’ai entendu une sirène venant des docks
Saw a train set the night on fire
J’ai vu un train mettre le feu à la nuit
Smelled the spring on the smokey wind [1]
J’ai senti le printemps dans la fumée portée par le vent
Dirty old town, Dirty old town
I’m going to make (gonna make me) a good sharp axe
Je vais fabriquer une hache bien aiguisée
Shining steel tempered in the fire
L’acier brillant trempé dans le feu
I’ll chop you down like an old dead tree
Je t’abattrai comme un vieil arbre mort
Dirty old town, Dirty old town
.
[1] La première version disait : « smelled a spring on the Salford wind ». Elle fut modifiée à la demande des autorités de la ville.