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La maîtrise du film noir espagnol

vendredi 13 septembre 2019, par René Merle

Un cinéma qui colle à la réalité et qui la transcende

Je viens de voir El reino, du réalisateur madrilène Rodrigo Sorogoyen (2019), un thriller haletant et implacable, magnifiquement filmé, sur la tentative désespérées de survie d’un homme politique corrompu, pris au piège et lâché par les siens. En filigrane, la réalité de la vie politique espagnole et celle des médias.

Du coup, j’ai revu Que Dios nos perdone, du même réalisateur, 2016 (sorti en salle chez nous en 2017).
Dans un Madrid empoissé de chaleur (2011), où se croisent les premiers Insoumis et les pèlerins venus accueillir le Pape, un thriller sans concessions qui sonde l’âme et les cœurs d’un couple improbable de policiers traquant un serial killer violeur de vieilles dames. Deux policiers éboueurs d’une société en panne. En filigrane, dans son rythme fébrile, le film télescope les survivances de la vieille Espagne catholique, la modernité cynique, et la fin douloureuse du « miracle économique ».
Bref, deux perles que nous propose le film noir espagnol.

J’en avais reçu le premier choc en 2014, avec La isla mínima, d’Alberto Rodríguez, 2014, un thriller à la fois nonchalant et haletant, superbement photographié et magistralement interprété, qui nous emmène en 1980, dans l’étrangeté et la confusion de cette « Transición » qui succéda au franquisme. Deux policiers (un jeune démocrate, un ainé formé sous Franco) sont envoyés de Madrid enquêter sur des meurtres sadiques de jeunes filles, dans un village andalou perdu dans les rizières et les marais du Guadalquivir. Sur fond de luttes sociales et de désespérance juvénile, les deux hommes se côtoient et se découvrent, sans manichéisme, dans une atmosphère hypnotique qui n’est pas sans rappeler le superbe premier True Detective

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