La Seyne sur Mer

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Les trois mousquetaires du social-libéralisme

samedi 28 septembre 2019, par René Merle

France et Italie, laboratoires du « en même temps »

Tous trois étaient jeunes et fringants, couvés par la niche sociale-démocrate, arrogants promoteurs du néo libéralisme économique et social.
Tous trois photogéniques, tous trois chéris des médias qui voyaient en eux les promoteurs du nouveau monde où centre gauche et centre droit s’uniraient enfin au grand jour dans une étreinte légale, qui conclurait leurs amours clandestines, enfin, presque clandestines.

Passons-les en revue par ordre d’ancienneté.

Deux ont péri politiquement.

Le premier est Manuel Valls (1962), un des « élephants » socialistes, ministre à poigne de l’Intérieur de 2012 à 2014, puis premier ministre jusqu’en 2016, promoteur des réformes « libérales » que Macron mettra en œuvre. Ce qui ne lui vaudra certes pas la popularité. Candidat malheureux à la primaire socialiste, (dite « citoyenne » ! [1]) de 2017, il rallie son alter ego et rival triomphant Macron, avant de constater qu’il n’y avait plus de place pour lui en France, et passer sans vergogne du socialisme à la française à la droite espagnole de Ciudadanos-Partido de la Ciudadanía, dont il porta la candidature aux municipales de Barcelone en 2018. Échec cuisant.

Le second est Matteo Renzi (1975), que Valls aimait enlacer comme sa propre doublure de social libéral, et dont Macron, alors ministre, se réclamait.
Ce leader du Parti démocrate n’était pas issu de la mouvance communiste qui avait initié ce Parti, mais de la mouvance démochrétienne. Il était partisan d’une grande coalition allant de la droite au centre gauche.
Dans ce Parti Démocrate en affrontements perpétuels de tendances, il prend les rênes, enlève à la hussarde la Présidence du Conseil (2014-2016) et emmène son parti à la défaite suite à ses réformes néo libérales et constitutionnelles. Il demeure à la tête du PD jusqu’à la catastrophe électorale de 2018.
Et le voilà aujourd’hui qui quitte le Parti démocrate revenu au pouvoir avec le Mouvement cinq étoiles, et fonde un nouveau mouvement de centre gauche, bien minoritaire pour l’instant.

Ainsi ont échoué deux tenants continentaux du social libéralisme, inspirés par Tony Blair et Barack Obama, dans leur tentative de créer un puissant espace centriste ralliant électeurs de gauche et électeurs de droite, socle de leur politique de régression sociale couverte de « modernité ».

Mais la troisième, Emmanuel Macron (1977), n’a pas échoué (pour l’heure en tout cas).
À la différence de Valls et de Renzi, il n’était pas issu du vivier d’un parti, du Parti. C’est le jeu de forces économiques occultes que cet inconnu en politique, mais pas en matière bancaire, a été présenté au Président Hollande, qui l’a adoubé en conseiller, puis en ministre, sans se rendre compte, dans sa cécité politique, que le grand Vizir allait prendre la place du Calife.

Notes

[1Cf. :Citoyens ?.

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