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Climat de guerre
lundi 19 février 2024, par
Ce n’est qu’avec le recul de l’Histoire que l’on peut mesurer, au plan international, la pertinence des décisions des gouvernants, gouvernants qui trop souvent a posteriori se révèlent être de bien petits hommes.
Au moment où l’aide financière et matérielle à l’Ukraine risque de tourner à la confrontation directe avec la Russie, l’histoire dira donc ce qu’il adviendra de cet inquiétant climat de février 2024 :
Le Président Macron, nous disent les gazettes, « s’inquiète de la volonté d’agression russe contre l’Europe et la France. »
Le problématique ministre de l’Europe et des affaires étrangères déclare :
« Loin de nous apporter la paix, la victoire de Moscou ne pourrait qu’inciter Vladimir Poutine à poursuivre sa chimère expansionniste en usant du même moyen, la force, et du même prétexte, le combat contre un « Occident collectif » qu’il juge dépravé et décadent. Au-delà de la négation assumée de l’Ukraine en tant qu’Etat, la Russie souhaite détruire l’ordre de sécurité européen et refaçonner notre continent selon ses intérêts. »
Et l’on nous invite à prendre la mesure du danger des influences étrangères, (lisez russes), à soutenir fermement le réarmement militaire et national (et ses coûts impressionnants) que vient de préconiser le Président, et à nous préparer à l’éventualité d’une guerre possible, sinon certaine, contre l’ogre russe.
Mauvais patriote celui qui oserait ne pas marcher au pas vers la catastrophe.
Déformation d’historien sans doute, ce climat me rappelle celui de l’avant-guerre de 1914, que j’évoquais dans cet article de décembre 2020 :
Pacifisme, Jaurès et la haine belliciste. Fusiller jaurès
Je traitais hier du pacifisme : Du Pacifisme. Pacifisme intangible ou pacifisme de circonstances ?
Comment ne pas penser à ce sujet à la courageuse campagne pour la paix des socialistes français, emmenés par Jaurès, un an avant l’événement fatal ?
Cf. Socialistes SFIO à la veille de la guerre. 1912-1914
Il est difficile d’imaginer aujourd’hui la vague de haine belliciste qui déferla alors sur Jaurès.
La couverture du très répandu Petit Journal du 22 juin 1913 en témoigne. Jaurès le traître sommé de voir les fantômes de l’invasion prussienne de 1870, et de se préparer à la revanche… Cette attaque ignoble intervient au moment où la chambre des députés discutait de la loi dite des Trois ans, qui augmentait d’une année le service militaire de deux ans.
Même Péguy, le doux Péguy, estimait que la première chose à faire en cas de déclaration de guerre était de fusiller Jaurès pour ne pas laisser derrière nous un traître qui nous poignarderait dans le dos…
La jeunesse française était sommée d’accepter le sacrifice patriotique de sa vie, pour reconquérir une Alsace et une Lorraine qui n’en demandaient peut-être pas tant après quarante deux ans de Reich allemand.
On connaît la suite.
Pour plus d’informations sur la position des socialistes français en 1914, voir aussi :
Les socialistes français et le déclenchement de la guerre de 1914
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Messages
1. Climat de guerre, 19 février 2024, 16:21, par Dubois Jean Michel
Bonjour Monsieur Merle,
Vous avez certainement lu, percutante et nécessaire, réaction de Mr De Castelnau : "Le pire, c’est le mépris".
Ces gens sont des psychopathes !
Portez-vous bien.
Avec tout mon respect
2. Climat de guerre, 19 février 2024, 17:30, par rmerle
Merci de m’avoir donné, comme toujours, le plaisir de vous lire.
iOui, je viens de la lire et je partage ce point de vue lucide et, comme vous le dites, décapant. Je suis d’ailleurs abonné à son blog depuis longtemps.
Le drame c’est que, dans l’anesthésie général suscitée par la plupart des médias, ces gouvernants boute feux réussissent encore à berner tant de gens, et ils sont bien aidés en cela par les déclarations de la gauche dite de gouvernement.
Portez vous bien vous aussi.